Les anachronismes dans l'Ancien Testament

anachronisme.jpgSi pour vous la date de rédaction des livres de l'Ancien Testament est celle que nous donne la tradition alors plusieurs interrogations se présentent quand nous lisons la Bible avec le regard critique d'un historien ou d'un archéologue. 

Un anachronisme (du grec, ana : en arrière, chronos : le temps) désigne, dans un récit ayant lieu dans un contexte historique donné, l’erreur qui consiste à placer un concept ou un outil inexistant à l’époque concernée.

Par exemple, dans le film Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, le narrateur André Dussolier nous explique que le récit se déroule en 1997, or on voit apparaitre plusieurs New Beetle qui furent mises en circulation qu’en 2000 soit 3 ans plus tard. Cela nous permet de comprendre QUAND fut tourné le film. (le réalisateur le savait et voulait par ce moyen faire ressortir le caractère hors du temps d’Amélie)

On trouve plusieurs anachronismes de ce genre dans les récits de la Bible, qui sont autant d’éléments nous permettant de determiner quand furent rédigés ces livres que du caractère apologétique de ce les Témoins de Jéhovah prennent pour des reportages.

Petite compilation non exhaustive des anachronismes les plus criants. 


La sélection des animaux pour l’Arche de Noé :

  • Livre : Genèse
  • Période embrassée par le livre : - 4 026 à - 1 657
  • Auteur présumé par la Watchtower : Moïse
  • Date de rédaction annoncée par la Watchtower : - 1 513
  • Date supposée des évènements par la Watchtower : - 2 370 

Genèse7:2 « De toute bête pure, tu dois prendre pour toi sept par sept, le mâle et sa femelle ; et de toute bête qui n’est pas pure, deux seulement, le mâle et sa femelle ; également des créatures volantes des cieux, sept par sept, mâle et femelle, pour conserver en vie une descendance à la surface de toute la terre. »

Comment Noé pouvait-il savoir quelles bêtes étaient pures, et impures, vu que la définition fut donnée à Moïse des centaines d’années plus tard (Lévitique ch. 11) en - 1512 ?

On rentre en plus en contradiction totale avec Genèse 6 :19-20

«  De toute créature vivante de toute sorte de chair, tu feras entrer dans l’arche deux de chaque pour les garder en vie avec toi. Ils seront mâles et femelle. Des créatures volantes selon leurs espèces et des animaux domestiques selon leurs espèces, de tous les animaux qui se meuvent sur le sol selon leurs espèces, deux de chaque y entreront, vers toi, pour les garder en vie »

et Genèse 9 :3

« Tout ce qui remue et qui vit pourra vous servir de nourriture ; comme je vous avais donné l’herbe verte, je vous donne maintenant tout cela ».

Or la définition des animaux purs et impurs était pour prescrire ce que les Israelites pouvaient manger ou non ! Comment Noé savait-il que le porc ou le lièvre ne pouvait pas se manger avant le Déluge, mais qu’après il pouvait en manger jusqu’à l’arrivée de la la Loi Mosaïque ?

Seule une autre explication sur qui était le rédacteur de la Genèse explique ces différences.

 

Abraham, le mythe fondateur

  • Livre : Genèse
  • Période embrassée par le livre : - 4 026 à - 1 657
  • Auteur présumé par la Watchtower : Moïse
  • Date de rédaction annoncée par la Watchtower : - 1 513
  • Date supposée des évènements par la Watchtower : - 1 943

La plupart des livres d’histoire situent l’existence d’Abraham au XVIIIe siècle av. JC, babylonien natif de Ur qui s’est rendu à Haran en Turquie du Sud, jusqu’au jour où Dieu lui a dit de se rendre à Canaan en Palestine. La Bible indique avec précision les détails de ce voyage. On mentionne les villes et bourgades qu’il a traversées, les caravanes de chameaux qu’il a rencontrés (Genèse 12-24).

L’archéologie dévoile qu’à l’époque présumée, la plupart des villes et bourgades énumérées dans la Bible n’existaient pas encore et que dans la région, le dromadaire n’a été domestiqué qu’au VIIe siècle av. JC ! Et quand Abraham signe un contrat dialogué de type néobabylonien en Genèse 23, cela ne chagrine pas le lecteur du VIe siècle qui n'a aucun moyen de vérifier ce qu'on lui raconte. 

Source : 

  • Israël Finkelstein & Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, Bayard et Culture, 2002
  • Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, Bayard, 2008, p.352, 356

Ramses 2, pharaon de l'exode ?

  • Livre : Exode
  • Auteur présumé par la Watchtower : Moïse
  • Epoque supposée des évènements : - 1 512 (chronologie Watchtower)

 Exode 1:8 Les Égyptiens désignèrent alors des chefs de corvées pour accabler le peuple d’Israël en lui imposant de rudes travaux. C’est ainsi que les Israélites durent construire les villes de Pitom et Ramsès pour y entreposer les réserves du Pharaon.

Si on en croit ce texte et en respectant la chronologie de 1 Rois 6 :1 qui fait remonter l’exode 480 ans avant la construction du Temple à Jérusalem, la construction se déroule au XVe siecle av JC et l’exode a lieu vers 1440 av JC or le premier pharaon à porter ce nom n’apparait qu’en 1320 av JC !

De plus Pitom que les spécialistes localisent à Tell-el Mashkouta, dans le wadi Tumilat, n’a été fondée qu’au VIIe siècle, peut-être par le pharaon Néchao II.

Pour finir, la momie de Ramses II montre qu’il est mort nonagénaire sans aucune trace de noyade.

Sources :

  • Israël Finkelstein & Neil Asher Silberman, La Bible dévoiléeBayard et Culture, 2002
  • Wikipedia :  la Dynastie des Pharaons 
  • Le Monde la Bible Hors Série N°609 : "Ramsès II : Pharaon de l’Exode ?", Bayard Presse, 2006, p.12-65 

 


Les scribes de Josias chez Pharaon

 

  • Livre : Exode
  • Auteur présumé par la Watchtower : Moïse
  • Epoque supposée des évènements : - 1512 (chronologie Watchtower)

La scène se déroule en Egypte après que Pharaon ait décidé d'augmenter la pénibilité du travail pour les fils d'Israël.

On frappa les scribes des Israélites, ceux que les surveillants de Pharaon leur avaient imposés en disant: "Pourquoi n'avez-vous pas terminé la quantité de briques prescrite, aujourd'hui comme hier et avant-hier?" (Exode 5:14) Les scribes des Israélites vinrent se plaindre auprès de Pharaon en disant: "Pourquoi traiter ainsi tes serviteurs? (Exode 5:14-15) - Bible de Jérusalem - même traduction pour la TOB

A première lecture, il n'y a rien de choquant dans ce récit sauf que le terme scribe désigne les fonctionnaires qui étaient chargés de l'administration du royaume. Dans toutes les cours royales, il y avait des scribes. Ce qui explique aussi l'expression tes serviteurs pour s'adresser à Pharaon qui est un langage de cour royale. Le problème est qu'il n'y a jamais eu de scribes chez les nomades ou semi-nomades. Les scribes n'apparaissent en Israël qu'avec David et encore, ils sont Egyptiens ce qui atteste qu'aucun fils d'Israël n'était scribe à l'époque de David. Ainsi nous avons un bel anachronisme d'une représentation de la royauté de la cour du roi Josias du VIIIe siècle transposée par le rédacteur 800 plus tôt.

Source :

  • François Brossier, La Bible dit-elle vrai ?, Les Editions de l'Atelier, 2007, p.63 
 

Des prêtres avant l’heure

  • Livre : Exode
  • Auteur présumé par la Watchtower : Moïse
  • Epoque supposée des évènements : vers - 1 657 (chronologie Watchtower)

Au chapitre 19 de l’Exode il nous est dit :

Les Israélites quittèrent Refidim. Le premier jour du troisième mois après leur sortie d’Égypte, ils pénétrèrent dans le désert du Sinaï. Ils installèrent leur camp dans le désert, près du mont Sinaï.

Puis Dieu appelle Moïse, mais en lui donnant des instructions afin que lui seul et personne d’autre ne s’approche du Mont Sinaï dont notamment les prêtres(v 21) :

« Même les prêtres, qui peuvent pourtant s’approcher de moi, doivent se purifier, de peur que je n’intervienne contre eux. »

Le problème est que la pretrise n’est toujours pas instituée. Au chapitre 24 c’est Moïse qui doit faire lui-même l’autel et procéder à la purification(verset 8) :

Moïse prit alors le sang des vases, en aspergea les Israélites et dit : « Ce sang confirme l’alliance que le Seigneur a conclue avec vous, en vous donnant tous ces commandements. ».

Ce n’est que plus tard au chapitre 28 que la première classe des prêtres se constitue

« Moïse, fais venir auprès de toi ton frère Aaron et ses fils Nadab, Abihou, Élazar et Itamar. Tu les sépareras des autres Israélites pour qu’ils me servent en tant que prêtres »

Si Moïse est l’écrivain de l’Exode, comment peut-il lui-même se contredire chronologiquement ?

 


Les rois avant les rois ? 

 

  • Livre : Genèse
  • Période embrassée par le livre : - 4 026 à - 1 657
  • Auteur présumé par la Watchtower : Moïse
  • Date de rédaction annoncée par la Watchtower : - 1 513
  • Date supposée des évènements par la Watchtower : avant -1513
 
 

Selon la chronologie biblique de la Watchtower, le premier roi fut Saül en -1 117. Alors comment Moïse peut-il écrire 400 plus tôt ceci :

Voici les rois qui ont régné dans le pays d'Édom, avant qu'un roi régnât sur les enfants d'Israël. (Genèse 36:31)

Il est donc évident que le rédacteur de la Genèse ne peut être antérieur au XIIe siècle et est postérieur au rédacteur du livre de Samuel qui rapporte que les Israëlites réclamèrent un roi qu'il n'avait jamais eu auparavant (1 Samuel 8). Toujours convaincu que c'est Moïse l'auteur de la Genèse ou ne pensez-vous pas que l'hypothèse de plusieurs rédacteurs n'est pas si idiote que cela ? L'hypothèse de plusieurs rédacteurs est critiquée par la Watchtower mais elle est pourtant largement admise par l'ensemble des experts et des biblistes, au niveau du socle principal, car elle répond aux problèmes soulevés par cet article, à savoir que les rédacteurs ne sont pas contemporains des évènements. 

A lire : 



La monnaie

  • Livre : Genèse, Livre des Juges
  • Auteurs présumés par la Watchtower : Moïse, Samuel
  • Epoque supposée des évènements : - 1 900 (Genèse), avant - 1120 (Juges)
 

Au détour des textes on parle de la monnaie d’argent sous formes de sicles

Gn 23 : 16 : Abraham s’entendit avec Ephrôn. Il lui pesa le prix que les fils de Heth l’avaient entendu déclarer, 400 sicles d’argent, au taux du marché.

Juges 17:2- 4 Il dit à sa mère : « Les 1.100 sicles d’argent qu’on t’a pris et à propos desquels tu as proféré une malédiction que tu m’as même répétée, eh bien ! cet argent, je l’ai ; c’est moi qui l’avais pris » ! Sa mère dit : « Sois béni du SEIGNEUR, mon fils » ! Il rendit donc les 1.100 sicles d’argent à sa mère, mais elle lui dit : « En fait, j’ai consacré de moi-même cet argent au SEIGNEUR à l’intention de mon fils, pour faire une idole et une image en métal. Aussi vais-je maintenant te le rendre ». Ainsi, lorsqu’il eut rendu l’argent à sa mère, elle prit 200 sicles d’argent qu’elle remit au fondeur. Celui-ci en fit une idole et une image en métal qui fut placée dans la maison de Mikayehou. (TOB)

On en reparle dans les autres livres du Pentateuque, toutefois, c’est un anachronisme criant. La période des Patriarches est annoncé couvrant la période de 2 000 ans avant notre ère, la période des Juges entre 1500 et 1000 av n.è. Le problème est que la monnaie n’apparait qu’en 600 avant JC en Lybie (Asie Mineure)en étant utilisée progressivement par les Grecs. De ce fait, le livre de l’Exode, des Nombres, des Juges… qui la mentionnent sont écrits de 6 à 14 siecles après les évènements qu’ils relatent et des siècles après l’introduction de la monnaie par les Grecs.

Sources 

  • Jacque Attali, Les Juifs, le Monde et l'Argent : histoire économique du peuple Juif, Le livre de poche, p.47
  • Vincent Lannoye, L'histoire de la Monnaie pour comprendre l'Economie, CreateSpace Independant Publishing Platform, 2011,  p.22-39
  • André Lemaire, Le Monde de la Bible, Folio histoire, 2002, p.49 : " Les dernières recherches numismatiques ont révélé que le premier monnayage plaestinien commença probablement à Gaza vers 410".

 Les Dariques d’or

  • Livre : 1 Chroniques
  • Auteur présumé par la Watchtower : Esdras vers 460
  • Epoque supposée des évènements : -1077 

La tradition biblique retient Ezra (Esdras) pour rédacteur des livres de 1 Chroniques et 2 Chroniques. Mais l’auteur cite une monnaie pour l'époque de David (vers -1050) qui n’existait pas à l’époque à laquelle est censée se dérouler l’action, et qui n’était même pas encore répandue à son époque.

Notez 1 Chroniques 29 : 7 (Segond) : 

Ils donnèrent pour le service de la maison de Dieu cinq mille talents d’or, dix mille dariques, dix mille talents d’argent, dix-huit mille talents d’airain, et cent mille talents de fer.

Monnaie perse - c. 405-359
Description : Archer barbu (Le Grand Roi) à demi-agenouillé à droite, couronné (cidaris), drapé (candys), tenant une javeline de la main droite et un arc de la gauche, le carquois sur l’épaule.

Il est question dans le verset cité, au temps de David, de dariques, monnaie perse. Un tel anachronisme n’est possible que longtemps après l’établissement de la souveraineté des rois perses sur la Palestine, car il fallait que cette monnaie fût devenue monnaie courante pour pouvoir être transportée ainsi dans la période anté-exilique. Dans le premier siècle de la domination persane cet anachronisme serait difficilement explicable.

Après la conquête du royaume Lydien en 546 avant J.-C., Cyrus maintînt le monnayage de Crésus. C’est seulement sous Darius Ier   (521 - 486 av JC) que le roi créa une nouvelle monnaie d’argent, le sicle. La mine perse contenait 60 sicles d’argent. La darique d’or valait 20 sicles et gardait le poids de l’hémistatère lydien soit environ 5,40 g. (…) Un mercenaire grec de l’armée du Grand Roi gagnait une darique par mois. L’armée du Grand Roi (Darius III) aurait compté jusqu’à un million d’hommes au moment de la conquête d’Alexandre le Grand.

Voilà une constatation qui met à mal l’hypothèse d’une rédaction des livres bibliques des Chroniques avant le 4e siècle avant notre ère par Ezra. "A cela s'ajoute l'association de Tadmor et de Hamath-çova (tsoba) en 2 Ch 8,3-4 qui reflète le système administratif impérial (...) on peut ajouter la citation de Zacharie 4,10 en 2 Ch 16,9 : ou l'examen de la généalogie des fils de Yekonya en 1 Ch 3,17-24 (six génération dans le Texte Massorétique depuis l'exil, ce qui conduit vers 400-350 avant J.-C)". Les experts aujourd'hui privilègient "une date comprise entre 350 et 300 av. J.-C)"

Sources : 


Les villes fantomes.

  • Livre : Nombres, Deutéronome
  • Auteur présumé par la Watchtower : Esdras vers 460
  • Epoque supposée des évènements : -1550  à -1450
 

Nombres de villes n’existaient pas à l’époque des événements rapportés dans le livre de l’Exode et des Nombres.

D’après le récité biblique, les fils d’Israël campèrent à Cadès-Barnéa pendant 38 ans sur les quarante que dura leur errance. La description de la frontière sud d’Israël au chapitre 34 des Nombres donne une indication claire qui permet de localiser l’endroit.Cependant, les fouilles systématiques et répétées de la région n’ont pas livrée la moindre preuve d’une activité quelconque au Bronze récent(1550 -1150 av JC), même pas un minuscule tesson que n’aurait pas manqué d’y laisser la plus insignifiante bande de fuyards.

En Nombres 21 :1-3 il est question du Roi d’Arad

« Le roi d’Arad, un Cananéen habitant le sud du pays, apprit que les Israélites arrivaient par le chemin d’Atarim ; il les attaqua et fit parmi eux quelques prisonniers.Alors les Israélites promirent ceci au Seigneur : »Si tu livres ce peuple en notre pouvoir, nous détruirons complètement ses villes.Le Seigneur accepta la promesse des Israélites et leur livra ces Cananéens. Les Israélites les exterminèrent, détruisirent leurs villes et appelèrent cette région Horma, ce qui signifie ’la Ruine’."

Le problème est que plus de vingt années de fouilles montrent qu’Arad n’existait pas à l’époque donnée par le récit.

De même en Nombres 21 :21-25 Deutéronome 2 :24-35 et Juges 11 :19-21 il est question de la ville d’Hesbôn. Pourtant l’archéologie révèle qu’aucune ville, pas même un hameau n’existait à l’époque.

Il en est de même pour Edom

Deutéronome 2:22 Le Seigneur agit de la même façon en faveur des Édomites, descendants d’Ésaü, qui habitent la région de Séir : il extermina les Horites à l’arrivée des Édomites qui les dépossédèrent et s’installèrent à leur place ; et ils y sont encore aujourd’hui.

Il n’y a aucune trace d’une population vivant dans cette région durant toute cette période d'où la remarque de Mario Liverani, spécialiste international de la Mésopotamie et du Levant :

"Le royaume d'Edom, le plus méridonial des Etats transjordaniens, se constitua plus tard, et les mentions qu'en fait la Bible de Saül à Salomon sont de toute évidence des anachronismes" 

Sources :

  • Israël Finkelstein & Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, Bayard et Culture, 2002 
  • Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, Bayard, 2008, p.189

 


 

Les murailles de Jéricho

 jerichomurailles.jpg

  • Livre : Josué
  • Auteur présumé par la Watchtower : Josué
  • Epoque supposée des évènements : -1470/-1450

Tout le monde connait la formidable chute des murs de Jéricho rapporté en Josué Chapitre 6

Jéricho était fermée et barricadée devant les enfants d'Israël. Personne ne sortait, et personne n'entrait.L'Éternel dit à Josué: Vois, je livre entre tes mains Jéricho et son roi, ses vaillants soldats. Faites le tour de la ville, vous tous les hommes de guerre, faites une fois le tour de la ville. Tu feras ainsi pendant six jours.Sept sacrificateurs porteront devant l'arche sept trompettes retentissantes; le septième jour, vous ferez sept fois le tour de la ville; et les sacrificateurs sonneront des trompettes.Quand ils sonneront de la corne retentissante, quand vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple poussera de grands cris. Alors la muraille de la ville s'écroulera, et le peuple montera, chacun devant soi. (Josué 6,1-5)

Cet évènement fort à donné lieu à toutes interprétations dont celles délirantes d'une arme secrète extra-terrestre au sein de l'arche de l'alliance. Le problème est qu'il est illusoire de chercher des explications martiennes à un évènement qui n'a jamais eu lieu ! A l'époque le site était abandonnée et donc encore moins fortifié. Aucun élément archéologique ne peut etayer l'idée qu'une ville fortifiée ait jamais jamais existé à Jéricho durant toute la période annoncée par la Bible. Le site ne fut recolonisé après le VIIe siècle, soit six cent ans après l'époque présumée de Josué, en fait peu de temps avec l'exil babylonien. 

"La seule preuve d'une occupation dans les derniers siècles de l'âge du bronze tardif, c'est le vestige d'un coin d'une petite maison de briques de boue, construite sur les ruines de la ville détruite autour de 1560 avant notre ère. Une poterie retrouvée sur le sol de terre encombré de ce vestige de 0,3 m2 peut être daté des environs de 1325 avant notre ère. L'emplacement de la maisonnette sur la pente est du monticule suggère que des squatters vécurent au sommet des ruines de la cité antique " Callaway et Miller, 1999, p. 66

Sources :

  • Callaway J et J.M. MIiller, 1999. "The settlement of Canaan : the Period of Judges", in Shanks, 1999 Ancient Israel : from Abraham to the Roman Destruction of the Temple, ed. revue et augmentée, Upper Saddle River, NJ, Prentice Hall
  • James L.Kugel, La Bible expliquée à mes contemporains, Ed. Bayard, 2010, p.438-441
  • Dictionnaire archéologique de la Bible, Hazan, 2006, entrée Jericho



 

Des peuples avant l'heure : Les Philistins et les Araméens

  • Livre : Genèse
  • Période embrassée par le livre : - 4 026 à - 1 657
  • Auteur présumé par la Watchtower : Moïse
  • Date de rédaction annoncée par la Watchtower : - 1 513


En 1175 avant JC, l’archéologie nous révèle que les Philistins, un peuple venant de la Mer,s’établissent le long de la plaine littorale de Canaan. Pourtant, dans la Bible, 1 000 ans plus tôt, Isaac est censé rencontrer Abimelek, roi des Philistins :

Gn 26,1 : Il y eut une famine dans le pays — il ne s’agit pas de celle qui eut lieu du temps d’Abraham —. Isaac partit pour Guérar chez Abimélek, roi des Philistins. ?

 

Medinet-Habou-combat

Scène de combats maritimes entre les Égyptiens et les Peuples-de-la-Mer (bas-relief, temple funéraire de Medinet-Habu, Égypte)

 C’est à peu près la même chose pour les Araméens censés intervenir, dans la Bible, dans l’histoire du mariage de Jacob avec Léa et Rachel.

Genèse 28:5 : « Isaac fit donc partir Jacob pour la Haute-Mésopotamie, chez Laban, fils de Betouel l’Araméen et frère de Rébecca, la mère de Jacob et d’Ésaü ».

Ces éléments nous montrent que le narrateur de la Genèse connaissait ces peuples pour pouvoir les citer mais il les a inserés dans un récit sans connaissance de l’historique de ces peuples. C’est comme si on rapportait la rencontre de Charlemagne(742-814) avec Atahualpa, chef des Incas d’Amérique du Sud ayant combattu Francisco Pizarro en 1548.

A l'âge du Bronze (-3 300/ -1 200), "il n'y avait pas de Phéniciens, ni de Philistins, ni d'Edomites, ni de Moabites ni d'Ammonites, ni d'Araméens ni d'Arabes." comme nous l'affirme le livre de la Genèse. Tous ces peuples sont attestés à partir du l'âge du Fer soit après - 1 200. Comment Moïse pouvait-il parler de peuples l'entourant alors qu'ils n'existaient même pas encore ? 

Source :

  • Israël Finkelstein & Neil Asher Silberman, La Bible dévoiléeBayard et Culture, 2002
  • Mario LiveraniLa Bible et l'invention de l'histoire, Bayard, 2008, p.373-377


Une armée trop belle pour être vraie

  • Livre : 1 & 2 Samuel
  • Période embrassée par le livre : - 1180 / -1040
  • Auteur présumé par la Watchtower : Samuel
  • Date de rédaction annoncée par la Watchtower : - 1040

Jamais vous n'accepteriez comme authentique un tableau représentant l'armée de Napoléon avec des avions de chasse dans le ciel. Pourtant, c'est ce que les Témoins de Jéhovah acceptent quand il s'agit du livre de Samuel. Ce livre nous décrit des armes qui sont postérieures à son époque. Ainsi nous avons :

  • des armures en bronze alors que ce métal n'est toujours pas maitrisé à l'époque supposée (1 Samuel 17:4–7, 38–39; 25:13), 
  • des chameaux de guerre alors qu'ils furent domestiqués au moins 300 ans plus tard (1 Samuel 30:17), 
  • des chars et des cavaliers(1 Samuel 13:5, 2 Samuel 1:6), 
  • des lances et des hâches en fer comme si cela était monnaie courante ( 2 Samuel 12:31)
  • des techniques de siège sophistiquées (2 Samuel 20:15)
  • des fantassins plus nombreux que dans les armées actuelles d'Irlande, de Suède ou de Nouvelle-Zélande.(1 Samuel 17:1)
  • une défaite si importante que le pays n'aurait jamais pu se reconstruire avec 20 000 hommes qui meurts sur le champs de bataille et au moins 20 000 dans les bois, c'est à dire plus que l'armée moderne de Norvège et Finlande réunies (2 Samuel 18:7)
  • des serviteurs et des paramilitaires koushites comme si ces derniers étaient répandus dans le pays (2 Samuel 18) alors que les koushites s'implantèrent dans la région après la 26e dynastie des rois d'Egypte c'est à dire après le VIIe siècle. 
Vous trouverez toujours des apologistes qui tenteront de justifier par d'autres textes bibliques que l'on peut trouver du bronze à l'époque de David* malgré toutes les preuves archéologiques indiquant que le bronze n'était pas présent dans les armures avant le 7e siècle, mais de là à ce que le bronze puisse être endossé par 40 000 hommes, il n'y a que les extra-terrestres qui peuvent réaliser ça. 

* la méthodologie de l'apologiste cité au-dessus appliquée réussirerait à prouver que les avions Dasault Rafales existaient dans l'armée de Napoléon sur le seul fait que l'on trouve des croquis d'avion à l'époque de Léonard de Vinci. 

Sources:

  • Israël Finkelstein, “The Philistines in the Bible: A Late-Monarchic Perspective,” JSOT 27 (2002) 131-167
  • Redford, Donald B. (1992). Egypt, Canaan, and Israel in ancient times. Princeton, N.J: Princeton University Press. p. 305
  • Liste des armées nationales par effectif (global) aujourd'hui sur Wikipedia


Des Ethiopiens par millions !

  • Livre : Chroniques
  • Période embrassée par le livre : - 1077/ - 537
  • Auteur présumé par la Watchtower : Esdras
  • Date de rédaction annoncée par la Watchtower : - 460
  • Date présumée des évènements relatés : sous le règne d'Asa (-977/-937)


2 Chroniques 14 : 8-12 "Zéra l’Éthiopien vint les attaquer avec une armée d’un million d’hommes et trois cents chars de guerre ; il arriva jusqu’à Marécha. Asa sortit à sa rencontre : ils se mirent en ordre de bataille dans la vallée de Se-fata, près de Marécha. Asa implora le secours du Seigneur son Dieu en ces mots : « Seigneur, il n’est pas plus difficile pour toi de secourir le faible plutôt que le fort. Viens donc à notre aide, Seigneur notre Dieu, car nous nous appuyons sur toi ; c’est en ton nom que nous nous sommes avancés contre cette immense armée. Tu es le Seigneur notre Dieu, ne permets pas qu’un homme l’emporte sur toi. » Le Seigneur fit reculer les Éthiopiens devant Asa et l’armée judéenne ; ils s’enfui-rent et furent poursuivis par Asa et ses troupes jusqu’à Guérar. Ils tombèrent en masse, et finalement aucun d’eux n’en réchappa, car leur armée se brisa contre le Seigneur et contre son peuple. Les Judéens emportèrent un très abondant butin." (Bible en Français Courant)

Déjà le chiffre est ridiculement grand. 1 000 000 d’hommes c’est plus que la population de la Judée à l’époque.(pas celle imaginaire de la Bible mais celle de l’histoire et de l’archeologie) Il faut s’imaginer quand même 1 000 000 de morts, ce qui correspond à un immense génocide. Il faut savoir que la 1re guerre mondiale a fait 1 500 000 morts français avec une durée bien plus longue que l’anicroche entre Asa et Zéra et surtout avec des techniques bien plus meurtrières (bombes, grenades, armes à feu.

La seule bataille la plus ancienne et la plus sanglante est la Bataille de la plaine de  Cannes qui eut lieu en -216 av JC avec 52 000 morts (en partant du principe que les chiffres ne sont pas exagérés) 

L’histoire de l’Ethiopie nous révèle que si la civilisation axoumite (nord de l’Ethiopie) débute aux alentours du IIe siècle avant notre ère, elle a été précédée par une culture dont les plus anciens témoignages matériels remontent au VIIIe siècle avant notre ère tout au plus. Dès cette époque s’observent des constructions en pierre, la pratique de la sculpture, l’usage du métal, une poterie aux formes et aux décors variés et une écriture en beaux caractères géométriques. Mais cela ne nous donne toujours pas une armée digne d'une civilisation internationale !

Même en imaginant des mercenaires, et en minorant l’armée à 500 000 vrais Ethiopiens, cela représente au moins autant d’habitants qui étaient restés au pays (femmes et enfants). Donc un peuple important avec des villes, des commerces, des temples… Or il n’y a aucune trace d’un tel peuple à cette époque (Règne d’Asa Xe siècle avant notre ère). De plus pourquoi attaquer les Judéens, alors qu’il faut attaquer l’Egypte d’abord ? Aucune trace historique de cette attaque ou d’un accord quelconque entre l’Egypte et l’Ethiopie permettant un passage d’une armée aussi grande. L’Egypte aurait été certainement méfiante d’avoir un aussi grand nombre de soldats sur ses terres. Pourquoi Zéra l’Ethiopien dépeuple son royaume pour aller prendre à des centaines de kilomètres de là, un petit royaume insignifiant (le royaume de Juda n'a jamais dominé le Moyen-Orient)?

Pourquoi ne pas admettre que nous avons là un artifice littéraire afin de montrer avec force la puissance de Dieu pour justifier que le peuple de Juda est le peuple élu de Dieu ?

Sources :

 


Sur les bords de la rivière de Babylone, David chantait

  • Livre : Psaumes
  • Auteur présumé par la Watchtower : David et d'autres au Xe siècle avant notre ère
  • Date de rédaction annoncée par la Watchtower : compilation vers - 460

Les Psaumes sont réputés avoir été écris par David et des Lévites compositeurs. Si la plus grande majorité des psaumes furent attribués a posteriori à Moïse, David et aux Lévites du Temple de Salomon par la tradition orale, il existe un psaume qui nous indique sa période de rédaction.

C’est le Psaume 137 :

Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée nous avions suspendu nos harpes. Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants, et nos oppresseurs de la joie : Chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion ! Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel sur une terre étrangère ? Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite m’oublie ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ! Éternel, souviens-toi des enfants d’Édom, qui, dans la journée de Jérusalem, disaient : Rasez, rasez jusqu’à ses fondements ! Fille de Babylone, la dévastée, heureux qui te rend la pareille, le mal que tu nous as fait ! Heureux qui saisit tes enfants, et les écrase sur le roc !

Ce psaume se situe clairement après la destruction de Jérusalem en 587 avant notre ère pendant la période exilique et non à l’époque de David ou de Salomon, et peut-être avant la prise de Cyrus en -539. Si la Watchtower reconnait que ce Psaume est de l'époque de l'exil, elle affirme que 73 des 150 Psaumes sont de David . Toutefois la plupart des psaumes attribués à David "renvoient au culte de Dieu à Jérusalem, à Sion ou à la "sainte montagne" de Dieu, comme s'il s'agissait d'une pratique établie de longue date. Or le temple de Jérusalem, selon le récit de 1 Rois, ne fut construit qu'au temps de Salomon, le fils de David". 

Si nous y ajoutons l'utilisation anachronique d'un vocabulaire qui avait du sens à l'époque de la compilation des textes, mais qui n'avait pas du tout la même signification 400 ans plus tôt (le mot shalal par exemple qui voulait dire "butin de guerre" à l'époque de David ne convient pas quand il est utilisé comme définition de "trésor" dans Ps 119,62 - à noter que la Watchtower imagine que le Psaume 119 est peut être d'Ezechias) + l'utilisation d'un hébreu typique du Nord et non de Juda, l'attribution à David devient bien compliquée. 

 

Sources :

  • Le Monde de la Bible N° 161, Bayard Presse, Septembre-Octobre 2004
  • James L.Kugel, La Bible expliquée à mes contemporains, Ed. Bayard, 2010, p.539-541

Les Rois Babyloniens


    • Belshatsar un roi ? 

Selon Daniel 5:1-2,11,18 et 22

« Le roi Belschatsar donna un grand festin à ses grands au nombre de mille, et il but du vin en leur présence. Belschatsar, quand il eut goûté au vin, fit apporter les vases d’or et d’argent que son père Nebucadnetsar avait enlevés du temple de Jérusalem, afin que le roi et ses grands, ses femmes et ses concubines, s’en servissent pour boire le roi »

Apparemment, l’auteur du livre de Daniel ne connaissait que 2 rois babyloniens durant la période de l’exil à Jérusalem :Nebucadnetsarou Nabouchodonosor II et Belschatsar qu’il pensait faussement être le fils de Nebucadnetsar. Mais Nebucadnetsar mourut en 562 av n.è et son fils qui le succéda était Amel-Marduk ( qu’on retrouve dans la Bible sous le nom de Évil-Merodac en 2 Rois 25:27 et Jérémie 52:31).

En 560 av n.è Amel-Marduk est assassiné par son beau-frêre Nériglissor puis Labassi-Marduk son fils le remplace. Mais il se fait assassiner 9 mois plus tard. C’est alors Nabonide et non Belchatsar, qui sera le dernier roi de Babylone de la dynastie des Chaldéens, quand il régna de 556 à 539. Les documents archéologiques le prouvent, Nabonide était bien là quand Babylone fut prise par Cyrus le Perse.

Belchatsar était en fait le fils et le cogérant de Nabonide, mais il n’était pas le roi lui-même, et n’était pas en plus le descendant de Nebucanetsar par son père mais seulement par sa mère Nicritis. Dans tous les cas, quand son père Nabonide fut en déplacement à Teiman, la fête du nouvel an ne fut pas célébrée car elle n'était célebrée qu'en présence du roi. 

    • Darius le Mède ?

Daniel 6:1 « et Darius, le Mède, accéda à la royauté, à l’âge de soixante-deux ans. »

Le souci est que Darius n’est pas Mède mais Perse comme Cyrus. D’ailleurs, son ascencion sur le trone n’était pas du goût des Mèdes

En 553, le roi perse Cyrus II se révolte contre la tutelle mède et réussit à vaincre Astyage. Cet événement nous est révélé par des sources babyloniennes, notamment la Chronique de Nabonide, et des auteurs grecs, comme Hérodote et Ctésias, qui en présentent différentes versions dans leur déroulement, même s’il est souvent mis en avant que la victoire fut difficile, et aidée par la trahison d’une partie de l’armée mède (par Harpage dans les sources grecques). Après cela, Cyrus constitue le puissant empire des Achéménides

La place des Mèdes dans cette nouvelle construction politique n’est pas désavantageuse : ils occupent un rang égal à celui des Perses, plusieurs Mèdes occupent une place importante dans l’administration de l’empire ou l’armée, et certains des usages de la cour mède auraient été repris par celle des Perses. La Médie devient une satrapie, et Ecbatane est la résidence d’été des premiers achéménides. Une révolte mède éclate pourtant après que Darius Ier est monté sur le trône par la force, en 522-521. Un certain Phraortès (II), qui se dit descendant de la lignée de Cyaxare, réunit une armée mède, appuyée notamment par des Hyrcaniens, mais il se fait vaincre par un général perse, est capturé et exécuté à Ecbatane. Une autre grande rebellion mède survient en 409, sous le règne de Darius II, et est matée rapidement. Le pays mède reste calme durant le reste de l’empire achéménide, et même lors de sa chute.

"En dépit de tous les efforts déployés par les critiques pour trouver dans l'histoire une place à Darius le Mède, il faut reconnaitre que ce monarque est un personnage purement fictif. En effet, l'histoire ne connait pas de Darius le Mède"- Michel DELCOR 

L’auteur du livre de Daniel prouve une nouvelle fois qu’il n’était pas contemporain à ces évènements pour pouvoir en parler sans erreurs historiques.

Sources :

 

La Bible est donc un tissu de fables, de légendes et contenant seulement un soupçon d'historicité. Les rédacteurs s'inventèrent donc un passé glorieux dans le décors qui les entouraient mais ne ils purent échapper au livre de pierre révélé au XXe et XXIe siècle qui lui n'est pas falsifiable par des coups de calames de ses idôlatres. Comment pouvons-nous donc croire un seul instant que la Bible est un livre d'histoire donné par Dieu alors qu'elle est incapable de rapporter fidèlement les évènements qu'elle nous raconte ? 

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A propos de l’Exode des Israëlites depuis l’Egypte, l’archéologue Egyptien Zahi Hawass a dit ceci dans le New York Times du 3 avril 2007:

 « Vraiment, c’est un mythe (…). C’est mon devoir d’archéologue: l’obligation morale de dire la vérité. Si cela énerve des personnes, ce n’est pas mon problème ».


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Commentaires (4)

Claude Gétaz
  • 1. Claude Gétaz (site web) | 28/09/2017
Nous lisons, dans le texte susmentionné :

2 Chroniques 14 : 8-12 "Zéra l’Éthiopien vint les attaquer avec une armée d’un million d’hommes et trois cents chars de guerre ; il arriva jusqu’à Marécha. Asa sortit à sa rencontre : ils se mirent en ordre de bataille dans la vallée de Sefata, près de Marécha. Asa implora le secours du Seigneur son Dieu en ces mots : « Seigneur, il n’est pas plus difficile pour toi de secourir le faible plutôt que le fort. Viens donc à notre aide, Seigneur notre Dieu, car nous nous appuyons sur toi ; c’est en ton nom que nous nous sommes avancés contre cette immense armée. Tu es le Seigneur notre Dieu, ne permets pas qu’un homme l’emporte sur toi. » Le Seigneur fit reculer les Éthiopiens devant Asa et l’armée judéenne ; ils s’enfuirent et furent poursuivis par Asa et ses troupes jusqu’à Guérar. Ils tombèrent en masse, et finalement aucun d’eux n’en réchappa, car leur armée se brisa contre le Seigneur et contre son peuple. Les Judéens emportèrent un très abondant butin." (Bible en Français Courant)

Déjà le chiffre est ridiculement grand. 1 000 000 d’hommes c’est plus que la population de la Judée à l’époque.(pas celle imaginaire de la Bible mais celle de l’histoire et de l’archéologie) Il faut s’imaginer quand même 1 000 000 de morts, ce qui correspond à un immense génocide. Il faut savoir que la 1re guerre mondiale a fait 1 500 000 morts français avec une durée bien plus longue que l’anicroche entre Asa et Zéra et surtout avec des techniques bien plus meurtrières (bombes, grenades, armes à feu.

****

Un million d’Ethiopiens venus attaquer Asa et l’armée judéenne, c’est évidemment une donnée irréaliste si l’on se fiait au récit historique.

Mais si, en revanche, on mettait ce récit, comme les autres, sur le planisphère céleste, et si l’on identifiait, qui plus est, les Ethiopiens aux nuages de la Voie Lactée située côté de la constellation de Céphée, ou, autre variante, aux nuages de la Voie Lactée situés du côté de la constellation d’Orion, il se trouve qu’un million d’unités, en ce cas, était un nombre correct.

Tout comme était un nombre correct si celui-ci se référait à des Ethiopiens qui étaient les étoiles peuplant la Voie Lactée, à l’endroit indiqué, plutôt que les nuages lactéens eux-mêmes.

Quant à Asa et les siens, ils s’identifiaient, en ce cas, aux planètes du système solaire durant leur déplacement le long de la ligne de l’écliptique.

Dans leur lutte de type eschatologique, celles-ci se confrontèrent, au moment de traverser la constellation des deux Poissons ou celle du Bélier, à des Ethiopiens qui s’identifiaient eux-mêmes à toutes les étoiles peuplant les constellations situées au-dessus de la ligne de l’écliptique.

Et parce celle-ci traversait, dans le cas qui nous occupe, respectivement, le Capricorne, le Verseau, les Poissons et le Bélier, ces Ethiopiens-là, célestes, se situaient forcément du côté des constellations suivantes : Céphée, Cassiopée, le Lièvre, ainsi que les autres constellations situées à proximité.

Et si, au contraire de ce qui vient d’être dit, les Ethiopiens étaient les nuages lactéens situés à proximité de la constellation d’Orion, ou, autre variante, les étoiles peuplant la Voie Lactée située côté Taureau Gémeaux, cela signifie que les planètes incarnées par Asa et ses partisans, venaient tout juste de pénétrer, durant leur guerre eschatologique, dans la Voie Lactée située côté Taureau Gémeaux.
claude Gétaz
  • 2. claude Gétaz (site web) | 28/09/2017
Je lis dans cet article :

◦Darius le Mède ?

Daniel 6:1 « et Darius, le Mède, accéda à la royauté, à l’âge de soixante-deux ans. »

Le souci est que Darius n’est pas Mède mais Perse comme Cyrus. D’ailleurs, son ascension sur le trône n’était pas du goût des Mèdes

En 553, le roi perse Cyrus II se révolte contre la tutelle mède et réussit à vaincre Astyage. Cet événement nous est révélé par des sources babyloniennes, notamment la Chronique de Nabonide, et des auteurs grecs, comme Hérodote et Ctésias, qui en présentent différentes versions dans leur déroulement, même s’il est souvent mis en avant que la victoire fut difficile, et aidée par la trahison d’une partie de l’armée mède (par Harpage dans les sources grecques). Après cela, Cyrus constitue le puissant empire des Achéménides

La place des Mèdes dans cette nouvelle construction politique n’est pas désavantageuse : ils occupent un rang égal à celui des Perses, plusieurs Mèdes occupent une place importante dans l’administration de l’empire ou l’armée, et certains des usages de la cour mède auraient été repris par celle des Perses. La Médie devient une satrapie, et Ecbatane est la résidence d’été des premiers achéménides. Une révolte mède éclate pourtant après que Darius Ier est monté sur le trône par la force, en 522-521.

Un certain Phraortès (II), qui se dit descendant de la lignée de Cyaxare, réunit une armée mède, appuyée notamment par des Hyrcaniens, mais il se fait vaincre par un général perse, est capturé et exécuté à Ecbatane. Une autre grande rébellion mède survient en 409, sous le règne de Darius II, et est matée rapidement. Le pays mède reste calme durant le reste de l’empire achéménide, et même lors de sa chute.

"En dépit de tous les efforts déployés par les critiques pour trouver dans l'histoire une place à Darius le Mède, il faut reconnaitre que ce monarque est un personnage purement fictif. En effet, l'histoire ne connait pas de Darius le Mède"- Michel DELCOR

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On me permettra, ci-après, de compléter, pour mieux l'approuver, le texte ci-dessus, en m’appuyant sur le discours que je tiens dans l’un des volumes que je consacre à l’étude du sabéisme, et qui s’exprime comme suit, sur la question :

On notera au passage que Darius le Mède du Livre de Daniel, au lieu d’être Darius, premier du nom, ou Cyrus le Grand (lui qui portera le surnom de « Oint de Yahvé », et donc de Messie, dans le Livre d’Isaïe), semble avoir été un autre personnage que ceux mentionnés ici.

Et comme Cyrus était également mentionné dans le Livre de Daniel, il se trouve que quand nous lisons, dans ce livre, au premier chapitre :

21 Et Daniel fut là jusqu’à la première année du roi Cyrus ;

et quand nous lisons, dans le même livre, au chapitre 5 :

31 Et Darius, le Mède, reçut le royaume, étant âgé d’environ soixante-deux ans ;

enfin, quand nous lisons, dans le même livre, au chapitre 11 :

1 Et moi, dans la première année de Darius, le Mède, je me tins là pour l’aider et le fortifier ;

on peut considérer que Daniel avait d’abord assisté Darius le Mède (lequel avait accédé au trône à l’âge de 62 ans, selon la teneur du chapitre 5 du Livre de Daniel), et ensuite Cyrus le Grand.

Ou alors, si le personnage âgé de 62 ans était effectivement Cyrus le Grand, cela signifie, attendu que ce dernier avait pris Babylone en 539 BC, qu’il était né en 600 BC, date confirmée par les auteurs de Wikipédia, qui donnent deux dates pour la naissance de Cyrus le Grand : 600 BC ou 576 BC.

Mais cela signifie aussi que la confusion, faite par l’auteur du Livre de Daniel, à propos de Darius le Mède, au lieu de porter sur la qualité de Mède attachée à Cyrus le Grand (puisque celui-ci épousa probablement la fille d’Astyage le Mède, ce beau-père avec qui il se disputera, d’où la guerre médo-perse qui s’ensuivra), porta sur le fait que les trois Darius qui furent des rois d’Iran, avaient régné après Cyrus II, dit le Grand (même si Darius Ier régna quelques années seulement après la mort de Cyrus le Grand).

Quoi qu’il en soit, dès lors que Cyrus II et Darius Ier vont quasiment se succéder sur le trône, on peut considérer que l’auteur du Livre de Daniel, qui avait entendu parler de ces deux rois, avait interverti la chronologie s’agissant de leur accession au trône, en faisant régner un Darius le Mède avant Cyrus, alors que le vrai Darius avait succédé à un Cyrus le Grand qui était Mède autant que Perse, au moment d’envahir la Babylonie avec une armée composée de soldats des deux nations.

Et cette confusion, de la part de l’auteur du livre de Daniel, prouve que celui-ci, au lieu d’avoir vécu en direct les événements survenus en Babylonie à l’époque de Cyrus II, était un Juif Judéen qui avait vécu à l’époque des rois séleucides tels qu’Antiochus Épiphane.

****

Tel n’était pas (ajouté-je dans le volume susmentionné) l’avis d’Etienne Quatremère, orientaliste français contemporain du XIXe siècle qui s’était notamment fait connaître par ses études sur Mahomet et sur les Nabatéens (que Mahomet avait fréquentés) et en qui un certain Daniel Chwolsohn (autre orientaliste réputé) avait vu des Sabéens (autrement dit des adorateurs des astres) à l’origine d’un ouvrage intitulé l’Agriculture Nabatéenne qui avait été écrit, selon Chwolsohn, d’abord en chaldéen, avant d’être traduit en nabatéen, et, plus tard, en arabe (ouvrage dont l’origine est d’ailleurs discutée, encore aujourd’hui, par des Orientalistes dont certains considèrent qu’au lieu de remonter au Xe siècle avant JC, comme Chwolsohn le supposait sur le présupposé que son auteur était un Babyonien du nom de Koutami ayant vécu à cette époque très reculée, datait du premier millénaire de notre ère, et qu’il avait été écrit, vers l’an 900, par un certain Ibn Wahschiyyah al Kasdani en qui Chwolsohn voyait le traducteur en arabe du livre concerné - du moins si l’on en croit un François Lenormant de qui nous tenons toutes ces informations et qui s’exprimait, en ces termes, dans son ouvrage intitulé Histoire ancienne de l’Orient jusqu’aux guerres médiques (cf. tome 5 La Civilisation assyro-chaldéenne, les Mèdes et les Perses; chapitre 2 : Les lettres et les sciences; § 2 : La littérature; pages 154 et suiv : 9ème édition; A Lévy, Paris 1881)

« Vers l’an 900 de noire ère, un descendant des anciennes familles babyloniennes réfugiées dans les marécages de Wasith et de Bassorah, où elles vivent encore aujourd’hui, se prit d’admiration pour les ouvrages de ses ancêtres, dont il comprenait et probablement parlait la langue. Ibn Wahschiyyah al Kasdani ou le Chaldéen (c’était le nom de ce personnage) était musulman, mais l’islamisme dans la famille ne datait que de son bisaïeul; il haïssait les Arabes et éprouvait contre eux ce sentiment de jalousie qui animait aussi les Persans contre leurs vainqueurs. Une bonne fortune ayant fait tomber entre ses mains une grande collection d’écrits nabatéens que l’on avait pu soustraire au fanatisme musulman, le zélé Chaldéen consacra sa vie à les traduire et créa ainsi une biblio thèque nabatéo-arabe, dont trois ouvrages complets, sans parler des fragments d’un quatrième, sont venus jusqu’à nous. Les trois ouvrages complets sont 1° le Livre de l’Agriculture nabatéenne; 2° le Livre des poisons; 3° le Livre de Tenlcéluscha le Babylonien; l’ouvrage incomplet est le Livre des secrets du soleil et de la lune (1) ». De ces quatre ouvrages, le Livre de l’Agriculture nabatéenne est de beaucoup le plus considérable et le plus intéressant.

****

Pour en revenir à Quatremère, dans un article qu’il avait intitulé « Mémoire sur Darius le Mède et Balthasar, rois de Babylone », il donnait à entendre ceci : attendu que Daniel étant un témoin oculaire des événements racontés par lui, on ne pouvait mettre en doute sa parole, ce qui revient à dire, selon Quatremère, que Cyrus le Grand, au lieu d’avoir exercé la royauté, sous son vrai nom, au nom des Mèdes et des Perses dont il était devenu roi, avait nommé, dans ce rôle, un Mède du nom de Darius, qui était faible caractère et qui exerça la royauté (sous-entendu : en Babylonie même, après que Balthasar, le fils de Nabochodonosor, qui l’avait exercée avant lui, fût mort d’une mort violente), à peine plus d’une année, avant de mourir, à son tour, de vieillesse.

Et Quatremère de préciser que plusieurs rois s’étaient succédés sur le trône de la Babylonie, depuis la mort d’Astyage, comme on peut le lire, en ces termes, dans le morceau que voici :

5° D'après le récit de Daniel, il paraît que Cyrus succéda immédiatement à Darius. Dans le chapitre du prophète qui concerne l'idole de Bel, et qui ne se trouve que dans le texte grec, on lit ces mots : «Le roi Astyage, ayant été réuni à ses pères, son empire passa à Cyrus le Perse.» Or, entre et Cyrus, il y eut une série de plusieurs rois qui occupèrent successivement le trône. Daniel se serait-il exprimé comme on vient de le voir, si l'occupation du trône par Cyrus eût été la suite d'une guerre acharnée, d'une catastrophe terrible? Et les expressions du prophète n'indiquent-elles pas clairement que Cyrus recueillit tranquillement et par droit d'héritage la que laissait vacante la mort de son prédécesseur?

Au reste, il est facile de voir que le nom d'Astyage, qui se trouve dans le texte grec, a dû probablement son origine à une faute de copiste, qui aurait peut-être écrit Astyage, au lieu de Darius, neveu d'Astyage.

Et rien n'empêcherait de croire que Darius fut, en effet, non pas le fils du roi Astyage, car il est appelé par Daniel fils d'Assuérus, mais neveu d'Astyage.

****

A propos d’Assuérus, nous lisons, sous le site internet
https://topbible.topchretien.com/dictionnaire/darius, le discours suivant :

1. Darius le Mède qui, d'après Da 6:1,28 9:1 10:1, était fils d'Assuérus =Xerxès et prédécesseur de Cyrus, n'a jamais existé. Les Mèdes ne furent jamais maîtres de Babylone. Les historiens Hérodote et Ctésias, le cylindre de Cyrus, les annales de Nabonide et les témoignages de l'A.T. lui-même n'admettent aucun doute à ce sujet. L'auteur de Dan., très mal renseigné sur l'histoire antérieure à Alexandre le Grand, avait conclu de Jer 51:11,28 que les Mèdes devaient avoir pris Babylone. Il savait d'autre part qu'un roi Darius, auteur d'une réorganisation administrative de son empire (Da 6:28), avait conquis Babylone (Darius Ier, après l'insurrection du faux Nébucadnetsar III). En combinant les deux renseignements, il arriva à un « Darius le Mède », dont il fit le fils de Xerxès, tandis que le vrai Darius en était le père.

L’auteur de ces phrases a raison de dire que l’auteur du Livre de Daniel était mal renseigné.

Mais dans son erreur il avait également pu identifier Darius le Mède à un Darius II qui, bien qu’étant le fils d’Artaxerxes Ier, était le fils d’un personnage qui, sous la plume de Manéthon, s’appelait Xerxès au lieu d’Artaxerxès.

****

Cela n’empêche pas de constater qu’aucun des trois Darius n’avait vécu avant Cyrus le Grand, et que, par conséquent, aucun d’entre eux ne pouvait être Darius le Mède, sauf à intervertir la chronologie, comme l’a fait l’auteur du Livre de Daniel, en faisant une confusion entre Nabuchodonosor III et Nabuchodonosor Ier - étant précisé que les troisième et quatrième rois babyloniens qui portaient ce nom s’étaient révoltés durant la période 522-521 BC (voir, à ce sujet le livre que l’historien Georges Roux consacre à la Mésopotamie), révoltes qui avaient été réprimées, dans le sang, par Darius Ier, le fils d’Hystaspe.

****

Voilà donc ce que j’écrivais, après m’être cité moi-même dans l’un des volumes de l’ouvrage que je consacre à l’étude du sabéisme, et qui confirme que Darius le Mède était une entité propre au Livre de Daniel - comme on peut le lire dans l’article susmentionné - plutôt qu’un personnage historique.
Claude Gétaz
  • 3. Claude Gétaz (site web) | 27/09/2017
Je lis dans cet article :

« Il en est de même pour Edom :

Deutéronome 2:22 Le Seigneur agit de la même façon en faveur des Édomites, descendants d’Ésaü, qui habitent la région de Séir : il extermina les Horites à l’arrivée des Édomites qui les dépossédèrent et s’installèrent à leur place ; et ils y sont encore aujourd’hui.

Il n’y a aucune trace d’une population vivant dans cette région durant toute cette période d'où la remarque de Mario Liverani, spécialiste international de la Mésopotamie et du Levant :

"Le royaume d'Edom, le plus méridonial des Etats transjordaniens, se constitua plus tard, et les mentions qu'en fait la Bible de Saül à Salomon sont de toute évidence des anachronismes »

****

Ce texte, d’une parfaite clarté, doit être nuancé dans le sens où les auteurs bibliques n'étaient pas des historiens au sens moderne de ce terme.

Et puisque le pays d'Edom eut pour ancêtre, d’après la Bible, Esaü, le frère de Jacob, on peut considérer que cet Esaü-là, en étant traité d’Edomite, par les auteurs de la Bible, avait été assimilé, en tant que frère d’un Jacob qui, au lieu d’être, en pareille circonstance, le fils biologique d’Isaac (lui-même fils d’Abraham), était le descendant, sur le plan historique, des Hébreux qui avaient colonisé la Palestine, à partir d’une région qui, au lieu d’être l’Égypte (en quoi nous étions avec l’Exode des Hébreux vers la Terre Promise) était la région d'Harran située en Haute Mésopotamie.

Car c’est là que Jacob avait rencontré ses deux femmes qu’étaient Léa et Rachel, qui toutes deux lui donneront douze fils qui, parce que Jacob s’était battu avec Dieu, après avoir franchi le défilé de Jabbok, et parce qu’il s’était opposé victorieusement à ce Yahvé qui s’était déguisé en homme à cette occasion, avait mérité son surnom d’Israël.

****

Sur le plan historique, en revanche, nous étions à une époque où les Peuples de la Mer avaient ravagé tout le Proche Orient (en quoi nous étions au début du XIIe siècle avant JC, et même avant, si Jacob avait émigré, depuis la cité syrienne d’Harran, en Palestine, durant la seconde moitié du XIIIe siècle avant JC (thèse que nous partageons, ici, avec le savant israélien nommé Israël Knohl).

Quant au personnage d’Esaü, il avait été, en tant que fils d’Isaac (lui-même fils d’Abraham) et frère ainé de Jacob, la rétroprojection, sur le plan historique, d’un roi assyrien qui, en envahissant, tour à tour, la Samarie, Moab et Edom, et en aidant, par cette conquête, le roi judéen de l’époque - en quoi nous étions au VIIIe siècle avant JC), était Teglath Phalasar III.

C’est donc ce roi qui, avec ses troupes, avait chassé des Horites qui, en tant qu’Hommes des Cavernes, étaient les Edomites eux-mêmes avant que ceux-ci ne fissent leur soumission au grand roi assyrien.

Et comme ces Hommes des Cavernes étaient, en réalité, des gens qui, comme tels, exploitaient les carrières et les mines métallifères contenues dans les interstices des montagnes peuplant le pays d’Edom, ces gens-là été considérés comme des Horites par les auteurs de la Bible.

Mais cela signifie que cette race d’hommes, qui, jusque là, faisaient la loi, au pays d'Edom, étaient des nomades dont certains membres s’étaient spécialisés, comme forgerons, dans l’exploitation des métaux situés dans les profondeurs des montagnes qui, vu le profil de la région, étaient des volcans plus ou moins actifs.

La preuve : quand les auteurs du Livre de la Genèse nous parlaient des cités de Sodome et de Gomorrhe, nous étions dans une région qui, tout en se situant au sud-est de la Mer Morte, était l’aboutissement, côté nord, de ce pays d’Edom dont nous venons de parler, et qui s’étendait jusqu’à la station balnéaire actuelle d Eilat située dans le golfe d'Aqaba.

Cette région regorgeant de métaux précieux, les Edomites, en tant que peuple nomade et forgeron tout à la fois, les avaient exploitées et en avaient fait le commerce, d’abord pour les pharaons d’Égypte, et, plus tard, pour un souverain assyrien tel que Téglath Phalasar III.

C’est donc cette histoire-là qui nous était narrée quand Esaü le Roux (allusion au cuivre contenu dans le sous-sol de la région) avait colonisé le pays d’Edom.
Claude Gétaz
  • 4. Claude Gétaz (site web) | 27/09/2017
Je lis dans cet article :

« Si on en croit ce texte et en respectant la chronologie de 1 Rois 6 :1 qui fait remonter l’exode 480 ans avant la construction du Temple à Jérusalem, la construction se déroule au XVe siecle av JC et l’exode a lieu vers 1440 av JC or le premier pharaon à porter ce nom n’apparait qu’en 1320 av JC !
De plus Pitom que les spécialistes localisent à Tell-el Mashkouta, dans le wadi Tumilat, n’a été fondée qu’au VIIe siècle, peut-être par le pharaon Néchao II.
Pour finir, la momie de Ramses II montre qu’il est mort nonagénaire sans aucune trace de noyade. »

Indépendamment de la référence à 1 Rois 6 : 1, les analystes ne sont pas tous d’accord sur la date de l’Exode, et même sur son existence même, laquelle a été niée par l’archéologie israélien Israël Finkelstein.

Certains, en effet, situent l’Exode au XVe siècle avant JC, pour les raisons susmentionnées, et d’autres le situent à une époque plus récente, en arguant - comme on peut le lire dans l’article susmentionné - que le pharaon Ramsès II, ou, si l’on veut faire plus large, la lignée des pharaons portant ce nom, ces pharaons-là avaient vécu, en appartenant à la XIXe dynastie pharaonique, dès la fin du XIVe ou dès le début du XIIIe siècle avant JC.

Ceci dit, l’évocation, dans la Bible, des cités de Pitom et de Ramsès, que tous les exégètes ont identifiées à des cités ayant été construites, à telle ou telle époque, par les pharaons de la XIXe dynastie, pouvait également se référer à des cités mortuaires qui, en recevant de la nourriture, en dépôt, recevait une nourriture qui était destinée à la momie des pharaons décédés, cette momie qui demeurait elle-même, dans la Vallée des Rois.

Quant aux noms mêmes de Pitom et de Ramsès, ils renvoyaient à un dieu égyptien qui était Atoum, dans le cas de la cité nommé Pi-Atoum, et ils renvoyaient à un pharaon qui s’appelait Ramsès, dans le cas de la cité du même nom (de son nom complet : Pi Ramsès, alias la Demeure de Ramsès).

Le dieu Atoum étant, comme démiurge, le Soleil, dans l’antique panthéon égyptien, ce dieu-là, en tant que démiurge du monde, était, sur le plan sabéen, le Soleil durant sa traversée de la Voie Lactée située côté Taureau Gémeaux.

Et parce que ce soleil-là, avant de créer un monde qui, dans son cas, se manifestera vraiment quand lui-même, soleil, aura complètement quitté la Voie Lactée située côté Taureau Gémeaux, cela signifie qu’il avait l’aspect d’un scarabée (le mot égyptien, pour scarabée, était kepher, ou kephri) au moment de faire sa mue durant sa traversée de la Voie Lactée située côté Taureau Gémeaux.

Dans d’autres mythes associés au patrimoine égyptien ancien, ce soleil était représenté, ou bien par le dieu Osiris (en tant qu’expression, ici, du Soleil des Morts) ou bien par son fils Horus (auquel cas le père était la constellation d’Orion).

Pour en revenir aux deux cités susmentionnées, celles-ci étant des nécropoles réservées, dans la Vallée des Rois, aux momies des pharaons décédés, ceux-ci se comparaient, une fois décédés, précisément, au soleil durant sa traversée de ce Monde des Morts qu’était la partie dense de la Voie Lactée située côté Taureau Gémeaux.

Mais cela signifie aussi, pour mettre cela en rapport avec l’Exode des Hébreux vers la Terre Promise, que ces Hébreux-là oeuvraient comme corvéables, à l’intérieur même des tombes de la Vallée des Rois.

Et ils le faisaient (mais ce n’est là qu’une opinion personnelle que j’ai étayée, dans mes études sur la question) à l’époque où deux pharaons se disputaient la gouvernance de l’Égypte : d’un côté un Séthi II qui était le pharaon officiel, et, de l’autre, le pharaon autoproclamé nommé Amenmes, ce pharaon que l’égyptologue allemand Rolf Krauss a identifié à Moïse, point de vue auquel je me suis rallié dans mes travaux.

Mais si cela est, cela signifie que l’Exode était la résultante, dans la Bible, d’une addition d’événements qui avaient eu lieu à des époques très différentes.

Ne serait-ce que parce qu’une cité comme Jéricho n’existait déjà plus, à l’époque des pharaons de la XIX dynastie, ce qui a incité certains analystes a reculé sa destruction, par les troupes de Josué, au XVe siècle avant JC.

Encore faut-il prouver que cette cité de Jéricho était tombée au son des Trompettes.

Car si la chose ne faisait pas un pli sur le plan sabéen, il se trouve que, sur le plan réel, l’archéologie n’a rien révélé d’une pareille chose.

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Date de dernière mise à jour : 24/06/2013