5. L'eau du déluge

Noe

Traduction de l'article anglais : Problems with a Global Flood de Mark Isaak. 

5. Le Déluge d’eau

- MacMahon : Que d'eau ! Que d'eau !
- Le préfet : Et encore, Monsieur le Maréchal, vous ne voyez que le dessus

 

D’où venait l’eau du Déluge et qu’est-elle devenue ? Plusieurs personnes ont proposé des solutions (dont la Watchtower) mais aucune n’a intégré toutes les implications de leur modèle. Les modèles récurrents sont étudiés ci-dessous

  • Une voute/océan céleste (canopy en anglais)modèle proposé notamment par les Témoins de Jéhovah dans le livre Etudes Perspicaces à Déluge

Ce modèle, qui fut proposé par Whitcomb & Morris* et d’autres avance qu’une grande partie de l’eau du déluge était suspendue dans l’atmosphère et qu’elle contenait 40 jours de trombes d’eau ininterrompues. Les objections suivantes sont abordées plus en détail par Brown mais voilà les questions fondamentales : 

  • Comment l’eau tenait-elle en suspension et qu’est-ce qui a bien pu causer sa chute d’un seul coup ?
  • Si une voute équivalente à 12 mètres de haut faisait partie de l’atmosphère, cela aurait augmenté en conséquence la pression atmosphérique, le taux d’oxygène et de l’azote à des niveaux toxiques et aucun oiseau n’aurait pu voler (les oiseaux ne peuvent voler que dans une certaine densité de l’air)
  • Si la voute initiale existait sous forme de vapeur alors sous forme d’eau liquide elle serait devenue brulante. Cette idée apparait avec la décrue des eaux et l’évaporation. Noé et son arche auraient été cuits à la vapeur. Si la voute céleste était de la glace en orbite, l’énergie potentielle de la gravité aurait mathématiquement conduit à des températures sur Terre intenables.
  • Une voute céleste gazeuse aurait limité les rayons du soleil et par conséquent la vie sur Terre sans compter une température moins élevée
  • L’eau au-dessus de la couche d’ozone n’est plus à l’abri des rayons UV, les molécules d’eau auraient été brisées et auraient échappées à l’attraction gravitationnelle terrestre.

 


Voici une réflexion d’Alain Feuerbachauertraduction Charles Chasson :

Le premier problème à prendre en considération c’est de savoir quelle quantité d'eau il faudrait pour arriver à inonder toute la terre. Les publications de la Société avancent qu'avant le Déluge, les montagnes étaient beaucoup plus basses qu'aujourd’hui. Il n’est jamais précisé dans quelles mesures ces montagnes étaient plus basses, par contre la Genèse dit clairement qu’il y avait des montagnes que le Déluge a pu couvrir.

Dans un but d'illustration, choisissons une hauteur assez basse pour les montagnes les plus hautes avant le Déluge et examinons-en  les conséquences. Disons que les montagnes les plus hautes étaient de 34.2 mètres au-dessus du niveau de mer. La Bible dit que les eaux ont dépassées les cimes des montagnes de 15 coudées, ou 6.6 mètres. Ajoutez-y la hauteur des montagnes de 38 mètres et vous obtenez 40.8 mètres. Maintenant, le poids de l'eau est tel qu'une colonne d'eau de 11.5 mètres de haut pèse le même poids qu'une colonne d'air semblable  étendue jusqu'aux limites de l'atmosphère. Une colonne de 2.54 cm carré a une section qui pèse 7 kilos environ. Cette colonne type est employée pour définir la pression atmosphérique standard qui est de 7 kilos par pouce carré. Cela signifie donc que l'augmentation de la  pression du sommet  jusqu'au  bas de l'atmosphère st la même que l'augmentation de la pression du sommet jusqu'au bas de 11,5 mètres d'eau. Une conséquence de cela, c'est qu'au niveau de la mer une pompe peut tirer de l'eau seulement jusqu' à une hauteur d'environ 11,5 mètres. En général, la pression peut être mesurée en termes d'équivalence atmosphère: un atm. de pression est défini comme 6,7 kilos par pouce carré, c'est la pression de l'atmosphère au niveau de la mer. De la même façon la pression de 11,5 mètres au dessous de l'océan est de 2 atm. (1 atm. pour l'eau et 1 atm. pour l'air). Donc la pression au fond de l'océan à 40,8 mètres est de 5 atm. (40.8 / 10.2 = 4 atm. pour l'eau, plus 1 atm. pour l'air). Voici le problème - si cette hauteur de 40,8 mètres d'eau a couvert la terre et a été retenu en l'air dans l'atmosphère, la pression qui se trouvait en dessous de cette masse d'eau était environ de 5 atm. C'est tout simplement parce que l'atmosphère doit soutenir cette eau et que les lois de la physique expliquent  que pour qu'un liquide tienne dans un champ de gravité, la pression au bas du liquide est proportionnelle au poids de tout le liquide au-dessus, que ce liquide soit de l'eau, de la vapeur d'eau ou de l'air.

Appliquons ce que l'on vient de dire précédemment "aux eaux suspendues au-dessus de l'étendue." Si les eaux ont été soutenues par l'atmosphère, elles faisaient partie de l'atmosphère et la pression à la surface de la terre devait être égale à 1 ATM. plus la pression due au poids des eaux suspendues. Cela a de sérieuses conséquences pour les animaux et la flore, comment pouvaient-ils supporter autant de pression sans que leurs processus biologiques ne soient perturbés. On peut alors se demander, peut-être que les eaux ont été soutenues par des moyens autres que la suspension dans l'atmosphère. Quels sont les moyens  pour suspendre quelque chose au-dessus de la terre ? Il y a seulement deux possibilités non-miraculeuses : ou il y a un support mécanique, ou la chose doit être en orbite. Si vous n'êtes pas d'accord, quel sont les autres possibilités ? Quant aux moyens miraculeux de soutien de l'eau, il n'est pas raisonnable de supposer que Dieu suspendrait ses lois physiques pendant des milliards d'années du commencement de la création jusqu'au Déluge, ou pendant des centaines de millions d'années de l'histoire de la vie, ou même à partir du début du deuxième jour de création. Il ne changerait pas non plus de manière permanente les lois de la physique juste par prévision du Déluge. Et il n'est pas possible que la masse d'eau ait pu être en orbite comme un satellite. Les lois de la  physique montrent que si une masse de matière ou de liquide est en orbite il doit prendre la forme d'un anneau plat, comme les anneaux de Saturne. Une sphère en orbite ou une couverture d'eau est physiquement impossible car à ce moment une seule petite partie pourrait avoir une vitesse orbitale appropriée. Le reste tomberait sur terre ou s'envolerait dans l'espace. Donc la seule possibilité raisonnable de suspendre l'eau reste la pression atmosphérique.

Maintenant, comme mentionné ci-dessus, l'oxygène que respirent les animaux ne peut être utilisé par eux que pour une pression donnée. Une créature animale qui ne serait pas écrasée par la pression, serait empoisonnée par trop d'oxygène, ou la chimie de son corps ne fonctionnerait pas correctement. Les précautions que les plongeurs sous-marins doivent prendre en plongeant en-dessous de 45 mètres, à une pression d'environ 5 atm le montrent bien. Ils doivent remplacer l'azote de l'air avec de l'hélium, un gaz inerte qui réduit la concentration d'oxygène. Si l'azote n'est pas remplacé ou si la concentration d'oxygène n'est pas réduite, le corps est empoisonné. Trop d'oxygène, par exemple, produit de l'hyperventilation et le délire.

Cela place donc une limite sévère sur la quantité d'eau pouvant être suspendue au-dessus de la terre. La constitution de l'homme exige des mesures spéciales pour vivre sous une pression atmosphérique plus grande que 5 atm., donc l'intensité du déluge a dû être limitée à seulement une trentaines de mètres, comme nous venons de le voir. Si nous ne limitons pas l'intensité du Déluge, on doit proposer des changements radicaux des lois de la physique, ou de la chimie du corps de pratiquement tous les animaux, pour qu'ils puissent survivre dans des conditions atmosphériques radicalement changées après le Déluge. Il n'y a aucune preuve qu'une telle chose se soit produite.

 


 

  • Hydroplate. Le modèle de Walt Brown propose que les eaux du Déluge provenaient d'une couche d'eau souterraine à environ 15 kilomètres sous terre, qui a été relâchée par une rupture catastrophique de la croûte de la terre au-dessus de l'atmosphère pour retomber en pluie.hydroplateoverview-rupture-phase.jpg

• Comment l'eau est-elle contenue? La roche, du moins la roche qui constitue la croûte de la terre, ne flotte pas. L'eau aurait été expulsée à la surface bien avant l'époque de Noé ou même l'époque d'Adam.

• Même à 2 km de profondeur, la terre est bouillante, et donc ce réservoir d'eau serait surchauffé. De plus la chaleur sera ajoutée par l'énergie de l'eau tombant d'en haut dans l'atmosphère. Comme pour le modèle de la voute d’eau, Noé aurait été poché comme un œuf !

• Où sont les preuves? Les eaux qui s'échappent auraient érodé les flancs des roches, produisant des dépôts d'érosion basaltiques dans un chaos indescriptible. Ceux-ci se seraient principalement concentrés près des fissures, mais certains auraient été propulsés à des milliers de kilomètres autour avec l’eau (Noé aurait dû s'inquiéter autant de la chute des roches avec la pluie.) Ces dépôts seraient tout à fait remarquables, mais n'ont jamais été vu par le moindre géologue…

  • Comète. Kent Hovind a proposé que l'eau du Déluge est venue d'une comète qui s'est brisée et est tombée sur la terre. Encore une fois, la chaleur dégagée par l'énergie potentielle gravitationnelle pose problème : l'eau serait devenue de la vapeur avant même d’atteindre le sol.

 

La subduction déchainée. John Baumgardner créa un modèle basé sur une subduction incontrôlable  qui impliquait que la lithosphère (la croute terrestre) étant plus dense que le manteau sous-jacent a commencé à couler. La chaleur dégagée par ce processus a diminué la viscosité du manteau ce qui accéléra le processus de manière catastrophique. La lithosphère connut alors une subduction ; le magma qui la remplaça éleva la croute terrestre, augmentant du même coup le niveau de la mer qui en se mettant à bouillir causa une pluie continue de 150 jours. En se refroidissant le fond de l’océan rétrécissait et les eaux du Déluge se retirèrent. Ainsi les montagnes sédimentaires comme les Sierras ou les Andes apparurent après le Déluge par le relèvement isostatique [Baumgardner, 1990a; Austin et al., 1994]. La société Watchtower suggère aussi (en partie) cette idée dans son livre : La Bible : Parole des Dieux ou des Hommes ?. p.113 (ed.anglaise)

  • La première difficulté de cette théorie c’est qu’elle ne fonctionne pas sans miracles. La diffusivité thermique de la terre, par exemple, aurait dû augmenter d’au moins 10 000 fois avant qu’un début de subduction apparaisse [Matsumura, 1997], et des miracles sont aussi nécessaires pour refroidir les océans et pour élever des montagnes en quelques semaines au lieu de millions d’années habituels.
  • Baumgardner estime une échappée calorique de 1028 joules suite au process de subduction. C’est plus qu’il n’en faut pour faire évaporer tous les océans de la planète. De plus, Baumgardner postule que le manteau était plus chaud avant le Déluge (afin de justifier la plus grande viscosité) ; cette chaleur a dû aller quelque part aussi.
  • Les sédiments du cénozoïque sont post-déluge suivant ce modèle. Pourtant les seuls sédiments du cénozoïque nous indiquent des données historiques de 65 millions d’années d’évolution, dont la diversification des mammifères et des angiospermes. [Carroll, 1997, chpts. 5, 6, & 13]
  • La subduction suivant l’échelle de Baumgardner aurait produit beaucoup plus d’activité volcanique au niveau des failles des plaques que ce nous voyons aujourd’hui. [Matsumura, 1997]

Nouveau bassin océanique. La plupartdes modèles du Déluge (dont ceux cités au-dessus à l’exception d’Hovinds) partent du principe que l’eau du Déluge est toujours présente mais qu’elle s’est « transformée » en nos océans actuels. 

" La mer ne couvre-t-elle pas 71 % de la surface du globe ? Donc, en réalité, les eaux du déluge sont toujours là." Tour de Garde 1 juin 2008 p.8 

 Ainsi la Terre était plus plate avant le Déluge et avec le cataclysme les montagnes se sont élevées et les bassins océaniques se sont élargis (Brown imagine même que les cataclysmes ont été causé par la croûte terrestre qui était sur un « coussin » d’eau : Whitcomb & Morris n’avancent aucune raison). 

• Comment un tel changement a-t-il pu se faire ? Pour changer la densité et / ou la température d'au moins un quart de la croûte terrestre, du moins assez vite pour soulever et abaisser le plancher océanique en quelques mois, il faudrait des mécanismes bien supérieurs à tous ceux qui sont proposés dans les modèles créationnistes. 

• Pourquoi la plupart des sédiments sont-ils sur les hauteurs? La plupart des sédiments sont transportés par l’eau puis se déposent quand elle se retire ou s’arrête. Si l'eau s’est arrêtée dans les océans, nous devrions nous attendre à plus de sédiments  Suivant le modèle de Baumgardner, les courants étaient plus rapides sur les continents que sur les bassins océaniques [Baumgardner, 1994], de sorte que les sédiments devraient, dans l'ensemble, être absents des continents et se retrouver dans les bassins océaniques. Pourtant, les sédiments sur le bassin océanique est d’environ 600 mètres d'épaisseur, tandis que sur les continents (y compris les plateaux continentaux), ils sont en moyenne de 2,6 km d'épaisseur. [Poldervaart 1955]

 • Où sont les preuves? L'eau qui s'écoule des continents aurait produit d'énormes torrents. Il existe des preuves d'une inondation semblable dans les Scablands de l'État de Washington (à partir de l'assèchement d'un lac après la rupture d'un barrage de glace) et sur le sol de l'extrême ouest de la mer Méditerranée (au niveau du détroit de Gibraltar). Pourquoi une telle preuve ne se trouve pas partout dans le monde?

 • Comment l'arche a-t-elle survécu à ce processus? Une telle restructuration globale de la topographie de la terre, comprimée en quelques mois, aurait produit des tsunamis assez grands pour faire le tour de la terre. Les simples répliques auraient été dévastatrices pendant des années par la suite.

 


 

 

Sources

 

  • Austin, Steven A., John R. Baumgardner, D. Russell Humphreys, Andrew A. Snelling, Larry Vardiman, & Kurt P. Wise, 1994. Catastrophic plate tectonics: a global flood model of earth history. Proceedings of the third international conference on creationism, technical symposium sessions, pp. 609-621. 
  • Brown, Walt, 1997. In the beginning: compelling evidence for creation and the Flood. ( www.creationscience.com/onlinebook
  • Baumgardner, John R., 1990a. Changes accompanying Noah's Flood. Proceedings of the second international conference on creationism, vol. II, pp. 35-45. 
  • Baumgardner, John R., 1990b. The imparative of non-stationary natural law in relation to Noah's Flood. Creation Research Society Quarterly 27(3): 98-100. 
  • Baumgardner, John R., 1994. Patterns of ocean circulation over the continents during Noah's Flood. Proceedings of the third international conference on creationism, technical symposium sessions, pp. 77-86. 
  • Carroll, Robert L., 1997. Patterns and processes of vertebrate evolution, Cambridge University Press. 
  • Matsumura, Molleen, 1997. Miracles in, creationism out: "The geophysics of God". Reports of the National Center for Science Education 17(3): 29-32. 
  • Poldervaart, Arie, 1955. Chemistry of the earth's crust. pp. 119-144 In: Poldervaart, A., ed., Crust of the Earth, Geological Society of America Special Paper 62, Waverly Press, MD. 
  • Whitcomb, J.C. Jr. & H.M. Morris, 1961. The Genesis Flood. Presbyterian and Reformed Publishing Co., Philadelphia PA.

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Date de dernière mise à jour : 05/01/2014