5. L'eau du déluge

Noe

Traduction de l'article anglais : Problems with a Global Flood de Mark Isaak. 

5. Le Déluge d’eau

- MacMahon : Que d'eau ! Que d'eau !
- Le préfet : Et encore, Monsieur le Maréchal, vous ne voyez que le dessus

 

D’où venait l’eau du Déluge et qu’est-elle devenue ? Plusieurs personnes ont proposé des solutions (dont la Watchtower) mais aucune n’a intégré toutes les implications de leur modèle. Les modèles récurrents sont étudiés ci-dessous

  • Une voute/océan céleste (canopy en anglais)modèle proposé notamment par les Témoins de Jéhovah dans le livre Etudes Perspicaces à Déluge

Ce modèle, qui fut proposé par Whitcomb & Morris* et d’autres avance qu’une grande partie de l’eau du déluge était suspendue dans l’atmosphère et qu’elle contenait 40 jours de trombes d’eau ininterrompues. Les objections suivantes sont abordées plus en détail par Brown mais voilà les questions fondamentales : 

  • Comment l’eau tenait-elle en suspension et qu’est-ce qui a bien pu causer sa chute d’un seul coup ?
  • Si une voute équivalente à 12 mètres de haut faisait partie de l’atmosphère, cela aurait augmenté en conséquence la pression atmosphérique, le taux d’oxygène et de l’azote à des niveaux toxiques et aucun oiseau n’aurait pu voler (les oiseaux ne peuvent voler que dans une certaine densité de l’air)
  • Si la voute initiale existait sous forme de vapeur alors sous forme d’eau liquide elle serait devenue brulante. Cette idée apparait avec la décrue des eaux et l’évaporation. Noé et son arche auraient été cuits à la vapeur. Si la voute céleste était de la glace en orbite, l’énergie potentielle de la gravité aurait mathématiquement conduit à des températures sur Terre intenables.
  • Une voute céleste gazeuse aurait limité les rayons du soleil et par conséquent la vie sur Terre sans compter une température moins élevée
  • L’eau au-dessus de la couche d’ozone n’est plus à l’abri des rayons UV, les molécules d’eau auraient été brisées et auraient échappées à l’attraction gravitationnelle terrestre.

 


Voici une réflexion d’Alain Feuerbachauertraduction Charles Chasson :

Le premier problème à prendre en considération c’est de savoir quelle quantité d'eau il faudrait pour arriver à inonder toute la terre. Les publications de la Société avancent qu'avant le Déluge, les montagnes étaient beaucoup plus basses qu'aujourd’hui. Il n’est jamais précisé dans quelles mesures ces montagnes étaient plus basses, par contre la Genèse dit clairement qu’il y avait des montagnes que le Déluge a pu couvrir.

Dans un but d'illustration, choisissons une hauteur assez basse pour les montagnes les plus hautes avant le Déluge et examinons-en  les conséquences. Disons que les montagnes les plus hautes étaient de 34.2 mètres au-dessus du niveau de mer. La Bible dit que les eaux ont dépassées les cimes des montagnes de 15 coudées, ou 6.6 mètres. Ajoutez-y la hauteur des montagnes de 38 mètres et vous obtenez 40.8 mètres. Maintenant, le poids de l'eau est tel qu'une colonne d'eau de 11.5 mètres de haut pèse le même poids qu'une colonne d'air semblable  étendue jusqu'aux limites de l'atmosphère. Une colonne de 2.54 cm carré a une section qui pèse 7 kilos environ. Cette colonne type est employée pour définir la pression atmosphérique standard qui est de 7 kilos par pouce carré. Cela signifie donc que l'augmentation de la  pression du sommet  jusqu'au  bas de l'atmosphère st la même que l'augmentation de la pression du sommet jusqu'au bas de 11,5 mètres d'eau. Une conséquence de cela, c'est qu'au niveau de la mer une pompe peut tirer de l'eau seulement jusqu' à une hauteur d'environ 11,5 mètres. En général, la pression peut être mesurée en termes d'équivalence atmosphère: un atm. de pression est défini comme 6,7 kilos par pouce carré, c'est la pression de l'atmosphère au niveau de la mer. De la même façon la pression de 11,5 mètres au dessous de l'océan est de 2 atm. (1 atm. pour l'eau et 1 atm. pour l'air). Donc la pression au fond de l'océan à 40,8 mètres est de 5 atm. (40.8 / 10.2 = 4 atm. pour l'eau, plus 1 atm. pour l'air). Voici le problème - si cette hauteur de 40,8 mètres d'eau a couvert la terre et a été retenu en l'air dans l'atmosphère, la pression qui se trouvait en dessous de cette masse d'eau était environ de 5 atm. C'est tout simplement parce que l'atmosphère doit soutenir cette eau et que les lois de la physique expliquent  que pour qu'un liquide tienne dans un champ de gravité, la pression au bas du liquide est proportionnelle au poids de tout le liquide au-dessus, que ce liquide soit de l'eau, de la vapeur d'eau ou de l'air.

Appliquons ce que l'on vient de dire précédemment "aux eaux suspendues au-dessus de l'étendue." Si les eaux ont été soutenues par l'atmosphère, elles faisaient partie de l'atmosphère et la pression à la surface de la terre devait être égale à 1 ATM. plus la pression due au poids des eaux suspendues. Cela a de sérieuses conséquences pour les animaux et la flore, comment pouvaient-ils supporter autant de pression sans que leurs processus biologiques ne soient perturbés. On peut alors se demander, peut-être que les eaux ont été soutenues par des moyens autres que la suspension dans l'atmosphère. Quels sont les moyens  pour suspendre quelque chose au-dessus de la terre ? Il y a seulement deux possibilités non-miraculeuses : ou il y a un support mécanique, ou la chose doit être en orbite. Si vous n'êtes pas d'accord, quel sont les autres possibilités ? Quant aux moyens miraculeux de soutien de l'eau, il n'est pas raisonnable de supposer que Dieu suspendrait ses lois physiques pendant des milliards d'années du commencement de la création jusqu'au Déluge, ou pendant des centaines de millions d'années de l'histoire de la vie, ou même à partir du début du deuxième jour de création. Il ne changerait pas non plus de manière permanente les lois de la physique juste par prévision du Déluge. Et il n'est pas possible que la masse d'eau ait pu être en orbite comme un satellite. Les lois de la  physique montrent que si une masse de matière ou de liquide est en orbite il doit prendre la forme d'un anneau plat, comme les anneaux de Saturne. Une sphère en orbite ou une couverture d'eau est physiquement impossible car à ce moment une seule petite partie pourrait avoir une vitesse orbitale appropriée. Le reste tomberait sur terre ou s'envolerait dans l'espace. Donc la seule possibilité raisonnable de suspendre l'eau reste la pression atmosphérique.

Maintenant, comme mentionné ci-dessus, l'oxygène que respirent les animaux ne peut être utilisé par eux que pour une pression donnée. Une créature animale qui ne serait pas écrasée par la pression, serait empoisonnée par trop d'oxygène, ou la chimie de son corps ne fonctionnerait pas correctement. Les précautions que les plongeurs sous-marins doivent prendre en plongeant en-dessous de 45 mètres, à une pression d'environ 5 atm le montrent bien. Ils doivent remplacer l'azote de l'air avec de l'hélium, un gaz inerte qui réduit la concentration d'oxygène. Si l'azote n'est pas remplacé ou si la concentration d'oxygène n'est pas réduite, le corps est empoisonné. Trop d'oxygène, par exemple, produit de l'hyperventilation et le délire.

Cela place donc une limite sévère sur la quantité d'eau pouvant être suspendue au-dessus de la terre. La constitution de l'homme exige des mesures spéciales pour vivre sous une pression atmosphérique plus grande que 5 atm., donc l'intensité du déluge a dû être limitée à seulement une trentaines de mètres, comme nous venons de le voir. Si nous ne limitons pas l'intensité du Déluge, on doit proposer des changements radicaux des lois de la physique, ou de la chimie du corps de pratiquement tous les animaux, pour qu'ils puissent survivre dans des conditions atmosphériques radicalement changées après le Déluge. Il n'y a aucune preuve qu'une telle chose se soit produite.

 


 

  • Hydroplate. Le modèle de Walt Brown propose que les eaux du Déluge provenaient d'une couche d'eau souterraine à environ 15 kilomètres sous terre, qui a été relâchée par une rupture catastrophique de la croûte de la terre au-dessus de l'atmosphère pour retomber en pluie.hydroplateoverview-rupture-phase.jpg

• Comment l'eau est-elle contenue? La roche, du moins la roche qui constitue la croûte de la terre, ne flotte pas. L'eau aurait été expulsée à la surface bien avant l'époque de Noé ou même l'époque d'Adam.

• Même à 2 km de profondeur, la terre est bouillante, et donc ce réservoir d'eau serait surchauffé. De plus la chaleur sera ajoutée par l'énergie de l'eau tombant d'en haut dans l'atmosphère. Comme pour le modèle de la voute d’eau, Noé aurait été poché comme un œuf !

• Où sont les preuves? Les eaux qui s'échappent auraient érodé les flancs des roches, produisant des dépôts d'érosion basaltiques dans un chaos indescriptible. Ceux-ci se seraient principalement concentrés près des fissures, mais certains auraient été propulsés à des milliers de kilomètres autour avec l’eau (Noé aurait dû s'inquiéter autant de la chute des roches avec la pluie.) Ces dépôts seraient tout à fait remarquables, mais n'ont jamais été vu par le moindre géologue…

  • Comète. Kent Hovind a proposé que l'eau du Déluge est venue d'une comète qui s'est brisée et est tombée sur la terre. Encore une fois, la chaleur dégagée par l'énergie potentielle gravitationnelle pose problème : l'eau serait devenue de la vapeur avant même d’atteindre le sol.

 

La subduction déchainée. John Baumgardner créa un modèle basé sur une subduction incontrôlable  qui impliquait que la lithosphère (la croute terrestre) étant plus dense que le manteau sous-jacent a commencé à couler. La chaleur dégagée par ce processus a diminué la viscosité du manteau ce qui accéléra le processus de manière catastrophique. La lithosphère connut alors une subduction ; le magma qui la remplaça éleva la croute terrestre, augmentant du même coup le niveau de la mer qui en se mettant à bouillir causa une pluie continue de 150 jours. En se refroidissant le fond de l’océan rétrécissait et les eaux du Déluge se retirèrent. Ainsi les montagnes sédimentaires comme les Sierras ou les Andes apparurent après le Déluge par le relèvement isostatique [Baumgardner, 1990a; Austin et al., 1994]. La société Watchtower suggère aussi (en partie) cette idée dans son livre : La Bible : Parole des Dieux ou des Hommes ?. p.113 (ed.anglaise)

  • La première difficulté de cette théorie c’est qu’elle ne fonctionne pas sans miracles. La diffusivité thermique de la terre, par exemple, aurait dû augmenter d’au moins 10 000 fois avant qu’un début de subduction apparaisse [Matsumura, 1997], et des miracles sont aussi nécessaires pour refroidir les océans et pour élever des montagnes en quelques semaines au lieu de millions d’années habituels.
  • Baumgardner estime une échappée calorique de 1028 joules suite au process de subduction. C’est plus qu’il n’en faut pour faire évaporer tous les océans de la planète. De plus, Baumgardner postule que le manteau était plus chaud avant le Déluge (afin de justifier la plus grande viscosité) ; cette chaleur a dû aller quelque part aussi.
  • Les sédiments du cénozoïque sont post-déluge suivant ce modèle. Pourtant les seuls sédiments du cénozoïque nous indiquent des données historiques de 65 millions d’années d’évolution, dont la diversification des mammifères et des angiospermes. [Carroll, 1997, chpts. 5, 6, & 13]
  • La subduction suivant l’échelle de Baumgardner aurait produit beaucoup plus d’activité volcanique au niveau des failles des plaques que ce nous voyons aujourd’hui. [Matsumura, 1997]

Nouveau bassin océanique. La plupartdes modèles du Déluge (dont ceux cités au-dessus à l’exception d’Hovinds) partent du principe que l’eau du Déluge est toujours présente mais qu’elle s’est « transformée » en nos océans actuels. 

" La mer ne couvre-t-elle pas 71 % de la surface du globe ? Donc, en réalité, les eaux du déluge sont toujours là." Tour de Garde 1 juin 2008 p.8 

 Ainsi la Terre était plus plate avant le Déluge et avec le cataclysme les montagnes se sont élevées et les bassins océaniques se sont élargis (Brown imagine même que les cataclysmes ont été causé par la croûte terrestre qui était sur un « coussin » d’eau : Whitcomb & Morris n’avancent aucune raison). 

• Comment un tel changement a-t-il pu se faire ? Pour changer la densité et / ou la température d'au moins un quart de la croûte terrestre, du moins assez vite pour soulever et abaisser le plancher océanique en quelques mois, il faudrait des mécanismes bien supérieurs à tous ceux qui sont proposés dans les modèles créationnistes. 

• Pourquoi la plupart des sédiments sont-ils sur les hauteurs? La plupart des sédiments sont transportés par l’eau puis se déposent quand elle se retire ou s’arrête. Si l'eau s’est arrêtée dans les océans, nous devrions nous attendre à plus de sédiments  Suivant le modèle de Baumgardner, les courants étaient plus rapides sur les continents que sur les bassins océaniques [Baumgardner, 1994], de sorte que les sédiments devraient, dans l'ensemble, être absents des continents et se retrouver dans les bassins océaniques. Pourtant, les sédiments sur le bassin océanique est d’environ 600 mètres d'épaisseur, tandis que sur les continents (y compris les plateaux continentaux), ils sont en moyenne de 2,6 km d'épaisseur. [Poldervaart 1955]

 • Où sont les preuves? L'eau qui s'écoule des continents aurait produit d'énormes torrents. Il existe des preuves d'une inondation semblable dans les Scablands de l'État de Washington (à partir de l'assèchement d'un lac après la rupture d'un barrage de glace) et sur le sol de l'extrême ouest de la mer Méditerranée (au niveau du détroit de Gibraltar). Pourquoi une telle preuve ne se trouve pas partout dans le monde?

 • Comment l'arche a-t-elle survécu à ce processus? Une telle restructuration globale de la topographie de la terre, comprimée en quelques mois, aurait produit des tsunamis assez grands pour faire le tour de la terre. Les simples répliques auraient été dévastatrices pendant des années par la suite.

 


 

 

Sources

 

  • Austin, Steven A., John R. Baumgardner, D. Russell Humphreys, Andrew A. Snelling, Larry Vardiman, & Kurt P. Wise, 1994. Catastrophic plate tectonics: a global flood model of earth history. Proceedings of the third international conference on creationism, technical symposium sessions, pp. 609-621. 
  • Brown, Walt, 1997. In the beginning: compelling evidence for creation and the Flood. ( www.creationscience.com/onlinebook
  • Baumgardner, John R., 1990a. Changes accompanying Noah's Flood. Proceedings of the second international conference on creationism, vol. II, pp. 35-45. 
  • Baumgardner, John R., 1990b. The imparative of non-stationary natural law in relation to Noah's Flood. Creation Research Society Quarterly 27(3): 98-100. 
  • Baumgardner, John R., 1994. Patterns of ocean circulation over the continents during Noah's Flood. Proceedings of the third international conference on creationism, technical symposium sessions, pp. 77-86. 
  • Carroll, Robert L., 1997. Patterns and processes of vertebrate evolution, Cambridge University Press. 
  • Matsumura, Molleen, 1997. Miracles in, creationism out: "The geophysics of God". Reports of the National Center for Science Education 17(3): 29-32. 
  • Poldervaart, Arie, 1955. Chemistry of the earth's crust. pp. 119-144 In: Poldervaart, A., ed., Crust of the Earth, Geological Society of America Special Paper 62, Waverly Press, MD. 
  • Whitcomb, J.C. Jr. & H.M. Morris, 1961. The Genesis Flood. Presbyterian and Reformed Publishing Co., Philadelphia PA.

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Commentaires (5)

Claude Gétaz
  • 1. Claude Gétaz (site web) | 29/09/2017
Je complète ma note précédente en disant que le mont Ararat était la montagne la plus haute du Monde ancien, aux yeux d’auteurs du Livre de la Genèse qui vivaient en Palestine et qui s’étaient eux-mêmes appuyés, au moment de concocter leur récit, sur des documents qui étaient sumériens, ou suméro-accadiens, et qui probablement appartenaient à la bibliothèque que le grand roi assyrien Assurbarnipal avait fait construite à Ninive.

Le fleuve Euphrate prenant naissance à proximité du Mont Ararat, les auteurs du Livre de la Genèse vont donner à entendre, dans leur livre, que le Déluge créé par Dieu, afin de punir les hommes de leur méchanceté, inondera toute la région traversée par ce fleuve-là, au point que sa source même disparaitra sous les eaux, puisque celles-ci s’élèveront jusqu’au sommet du Mont Ararat.

****

Après avoir pris connaissance de cet épisode (i.e. le Déluge biblique) des chercheurs bien intentionnés, et aussi pour faire de l’argent grâce à leurs découvertes, vont parcourir le mont Ararat en long et en large afin d’y retrouver l’Arche Perdue.

De plus, ils vont déployer tout leur savoir afin de nous démontrer que nous étions à une époque de l’histoire des hommes où l’eau des mers et des fleuves avait monté partout au Proche et Moyen Orients, et même du côté de la Mer Noire (elle-même n’étant sans doute qu’un lac avant que le Déluge ne la transformât en vraie mer).

Certains vont également tâcher de démontrer que le niveau des eaux associées aux mers méditerranéenne et égéenne avait tellement monté qu’une partie s’en était déversée dans la Mer Noire, en passant à travers un détroit du Bosphore ou des Dardanelles qui avait été submergé à cette occasion.

****

Mais ce que ces chercheurs ne disent pas, c’est que le récit biblique avait été repris d’un récit sumérien disant que le grand dieu Enlil (dieu de l’atmosphère, et principal dieu du panthéon sumérien, si l’on faisait abstraction du dieu ciel Anu) avait voulu punir les hommes, eux qui seront sauver grâce au dieu nommé Éa, le dieu protecteur de l’humanité.

C’est donc lui, Éa, qui recommandera au Noé associé au mythe sumérien, de bâtir une arche et de s’y réfugier, en compagnie de sa famille, au moment du Déluge déclenché par Enlil.

Et le mythe lui-même, dans son origine sumérienne, provenait du fait, si le Noé sumérien habitait en la cité de Shuruppak, que cette cité-là avait connu une inondation qui l’avait complètement mise sous les eaux (probablement en raison du débordement de l’Euphrate de son lit, ou parce que les eaux du golfe arabo-persique avaient monté, ou pour d’autres raisons encore, lesquelles pouvaient d’ailleurs s’additionner).

Or les auteurs du Livre de la Genèse vont reprendre ce mythe à leur compte. Sauf que dans ce Livre-là, Enlil et Éa seront représenté par le même Dieu, à savoir Elohim, lequel se présentera sous les traits d’Enlil, au moment de punir les hommes, et sous les traits Éa au moment d’épargner Noé et ses proches.

Et si l’on sait aussi que le Mont Ararat était considéré, à l’époque, comme une divinité, par les gens demeurant au sein d’une région qui s’étendait de la Mer Noire, au nord, jusqu’en Mésopotamie, au sud, cela signifie que le Dieu de la Bible va réduire cette divinité-là à néant en la faisant recouvrir par les eaux du Déluge.

La preuve : le sommet du Mont Ararat disparaîtra sous les eaux du Déluge quand celui-ci attendra son intensité maximale.

****

Cet épisode-là (i.e. le Déluge) avait donc été utilisé, par les auteurs du Livre de la Genèse, pour démontrer que le seul unique vrai dieu était Dieu (autre nom : Elohim), et que toutes les autres divinités n’étaient, comparées à Lui, que des chimères ou des illusions.

Ces divinités-là renvoyant à une religion qui était de type naturaliste, cela signifie qu’avec l’épisode du Déluge, les auteurs de Livre de la Genèse vont s’employer à ridiculiser ce type de religion en montrant que la religion du Livre était d’un niveau très supérieur.

Mais cela signifie aussi - et ce contrairement à ce que les Fondamentalistes juifs ou chrétiens peuvent prétendre - que le Livre de la Genèse avait été écrit au premier millénaire avant JC, soit à une époque où la religion avait atteint, au sein du monde juif, un niveau où l’homme croyait en un Dieu Unique qui était Lui-Même, en tant que Créateur des cieux et de la terre, très supérieur aux éléments naturels attachés au monde créé par Lui.

Idem à propos de l’homme : Dieu, en punissant les hommes à travers le Déluge, montrait que son destin, à lui, homme, dépendait de Lui, Dieu, et non d’une autre autorité, y compris la sienne propre.

Au total, l’épisode du Déluge servait donc à montrer que Dieu avait pouvoir sur les hommes d’un côté, et sur les éléments de la Nature de l’autre.

****

On peut également montrer que le Livre de la Genèse avait été rédigé, au premier millénaire avant JC, par des gens qui non seulement avaient potassé la bibliothèque royale de Ninive, mais qui étaient également des sabéïstes.

Ces auteurs-là étaient des sabéïstes, en ce sens que derrière les acteurs qu’ils mettaient en scène, et qui se présentaient sous les traits de Dieu d’un côté, et des hommes de l’autre, au sein d’un environnement déterminé qui était le Moyen Orient, se cachaient des astres au profil particulier.

Or cet aspect-là avait connu son rayonnement maximal en une région qui était la Babylonie, et, pour faire plus large, cette Mésopotamie à laquelle Ninive faisait partie en tant que cité capitale du grand royaume assyrien.
Claude Gétaz
  • 2. Claude Gétaz (site web) | 28/09/2017
Le récit du Déluge, tel qu’il figure dans la Bible, a été tiré d’un document sumérien (et, plus tard, suméro-accadien), montrant que les eaux de Shuruppak (cité sumérienne située en retrait du Golfe arabo-persique) avait tellement monté que toute trace de vie en fut menacée.

Les auteurs de la Bible vont donc reprendre ce schéma à leur compte, et présupposer que les eaux du Déluge, une fois associées au débordement des eaux du Tigre et de l’Euphrate, et une fois mêlées aux eaux de la mer issues du Golfe arabo-persique, avaient tellement monté que l’eau avait finalement recouvert tout le pays mésopotamien jusqu’au sommet du Mont Ararat.

C’est donc un pareil sommet qu’atteindra le bateau que Noé avait construit, à la demande de Dieu, pour mettre à l’abri les membres de sa famille, ainsi qu’une paire de chaque espèce animale qui était connue à l’époque.

Et parce qu’un pareil récit, qu’on peut lire dans le Livre de la Genèse, avait une connotation sabéenne, on peut en déduire que Noé et les siens, une fois agglomérés dans une Arche au-dessus de laquelle se manifestera, au terme du Déluge, le plus beau des arcs-en-ciel; bref on peut en déduire que Noé et les siens étaient, dans le sabéisme de l’époque, les planètes du système solaire durant leur traversée de la Voie Lactée située côté Taureau Gémeaux, cette Voie qui, une fois traversée par elles, fait que l’arc en question était symbolisé par l’apparition des constellations circumpolaires (du genre : Grande Ourse ou Dragon), lesquelles se manifesteront une fois que les planètes susmentionnées auront complètement traversé la Voie Lactée située côté Taureau Gémeaux, durant leur déplacement le long de la ligne de l’écliptique.
Lionel Charly
  • 3. Lionel Charly | 03/04/2015
Si tu contredit Pyrrron il te baillonne sur sa page fb, voila a quel point c'est gens la sont ouverts au débat.
marielisa
  • 4. marielisa | 27/02/2015
personne a vu la belle au bois dormant ou quoi....c est dieu ...oui on peut tirer les cheveux ...il a pu creer une bulle , tout le monde on fait dodo 100ans blabla....possible non...
bonhomme
  • 5. bonhomme | 28/09/2013
La surface de la terre a été noyée par le déluge. Dieu demande à Noé de mettre dans l’arche un couple de chaque espèce vivant sur terre. Comme Il y a aujourd’hui à peu près 1.500.000 espèces animales répertoriées (sans compter celles qui ne le sont pas encore, il en est répertorié 16000 nouvelles chaque année) ce qui fait au bas mot 3.000.000 animaux qui entrent dans l’arche.

Rassemblement des animaux.
Comment fait Noé pour aller chercher les manchots empereurs de l’Antarctique, les kangourous d’Australie, les diables de Tasmanie, les toucans d’Amazonie, les ours polaires, les dindons du Mexique…Bref, comment fait-il pour aller chercher et ramener auprès de l’arche les espèces qui ne vivaient pas au Proche-Orient, en 7 jours ? A-t-il fait un courrier à l’empereur de Chine afin qu’il lui envoie un male et une femelle de chaque espèce de pandas (panda géant et panda roux) ?
Aujourd’hui, avec tous nos avions-cargos et l’aide de tous les militaires du monde entier, nous ne pourrions le faire en 7 jours seulement.
GEN 6.19 De tout ce qui vit, de toute chair, tu feras entrer dans l'arche deux de chaque espèce, pour les conserver en vie avec toi: il y aura un mâle et une femelle.
GEN 7.2 Tu prendras auprès de toi sept couples de tous les animaux purs, le mâle et sa femelle; une paire des animaux qui ne sont pas purs, le mâle et sa femelle;
Donc, il ne prend pas les escargots, les vers de terre, la sangsue qui sont hermaphrodites

Rassemblement de la nourriture.
Les pandas géants mangent jusqu’à 20kg de bambou par jour et 5kg de viande, Noé doit embarquer, rien que pour eux, 15 tonnes de bambou et 4 tonnes de viande.
Les pandas roux mangent principalement du bambou, mais aussi des racines, des glands, du lichen et des fruits.
Comment Noé peut-être au courrant de l’alimentation de chaque animal embarqué, sachant que certains d’eux ne mangent que les végétaux poussant dans leur habitat ?
Comment fait-il pour stocker la nourriture nécessaire pour les animaux et sa famille en moins de 7 jours ?
Où trouve-t-il autant de nourriture ?
Aujourd’hui, avec tous nos avions-cargos et l’aide de tous les militaires du monde entier, nous ne pourrions stocker toute la nourriture nécessaire pendant un an à 2 500 000 animaux, et ce, en 7 jours seulement, y compris le rassemblement des animaux. Rien que de définir les protocoles de capture, de captivité, de soins, d’alimentation, d’hygiène pour chaque espèce demanderaient plus d’un an.

Conditions de voyage.
Le manque d’U.V. ne donne-t-il pas à Noé et à sa famille, ainsi qu’aux animaux des carences en vitamine, étant donné que l’arche n’a qu’une seule fenêtre ? Comment a-t-il fait pour ne pas attraper le scorbut ?
Comment font-ils pour respirer dans cette atmosphère confinée ?
Prenons pour exemple les navires négriers :
Un navire pouvait contenir jusqu’à six cent esclaves. Le pire de tout était le mauvais temps car les déportés restaient confinés dans l'entrepont et il n'y avait pas de vidange des bailles à déjection ni de nettoyage des sols. Avec la tempête le contenu des bailles coulait sur les planches de l'entrepont et les excréments se mêlaient aux vomissures des malades et des victimes du mal de mer. Si les écoutilles étaient closes, l’air irrespirable, l’obscurité et le roulis affaiblissaient les captifs et au cours de la traversée, le stress et les maladies en emportaient souvent un sur huit.
http://dp.mariottini.free.fr/esclavage/commerce-triangulaire/voyage-sans-retour.htm
Dans des conditions semblables de voyage, combien d’animaux ont survécu ?
Comment certaines espèces animales font-elles pour survivre en dehors de leur habitat naturel ?
Etant donné que Noé a passé une année dans l’arche, ne s’est-il pas fait dévorer par les 2 représentants de chaque espèce d’insecte embarqué (et leur multiple descendance en un an). Il y a près de 1.000.000 d’espèces d’insectes différentes (estimation basse). Au bout d’un an, la population, qui devait être phénoménale, a dût véroler toutes les autres espèces animales de l’arche. Comment Noé, sa famille et ses animaux, ont-il pu survivre aux piqûres de moustique, de tiques, de taon, de puces, de teignes, de punaises, de morpions, de mouche tsé-tsé, de guêpe, d’abeille. Comment sa petite famille a-t-elle fait pour éviter les araignées venimeuses, les scorpions, les cafards, les fourmis rouges. Comment l’arche a-t-elle pu résister aux termites, aux vers à bois, aux charançons, aux vrillettes, à l’abeille charpentière, aux capricornes ?
Si Noé a embarqué de la nourriture pour survivre, ne s’est t-elle pas très vite fait dévorer par les rats, les souris, les mulots et tout ce qui grouillait à l’intérieur de l’arche ? Vue l’humidité ambiante, n’a-t-elle pas moisi dès les premiers jours ?
Comment a fait Noé pour que la nourriture ne soit pas avariée pendant un an ? Il avait des réfrigérateurs ? des congélateurs ? des serres tropicales et tempérées ?
Comment faisait Noé et son petit équipage pour nettoyer régulièrement les déjections d’autant d’animaux afin de les garder dans des conditions salubre ?
Comment faisait Noé et son petit équipage pour donner à manger régulièrement à cette multitude ? Les journées de 24h étaient-elles suffisantes ?

Le débarquement.
Comment, une fois débarquées le kangourou arrive-il à retrouver le chemin de l’Australie ? Comment fait le toucan pour voler jusqu ‘en Amazonie ? Comment fait l’ours polaire pour retourner dans l’océan arctique, bref, comment font les animaux, les petits comme les grands, pour retourner dans leur habitat d’origine ? Et sans laisser trace de leur périple évidement.
Quand les herbivores quittent l’arche (s’il en reste), que peuvent-ils donc trouver à manger ? Les carnivores ne sont-ils pas tentés, une fois libérés de l’arche, de dévorer tous les herbivores qui débarquent ? Comment font-ils pour se nourrir après ce bref repas ? Que vont-ils manger durant leur long périple pour retourner d’où Noé les a extraits ?

Le repeuplement de la planète.
Comment les espèces animales comme les mammifères, arrivent à repeupler le monde ? La question se pose aussi pour Noé. Comment Noé et sa petite famille arrivent-ils à repeupler la planète ?
Des croisements entre individus présentant une consanguinité élevée, qu’il soient humains ou pas, donnent des populations génétiquement malsaines. Il est prouvé aussi, qu’en deçà d’une certain nombre d’individus males et d’un certain nombre d’individus femelles (nombres variables selon les espèces) la population s’éteint.
1 male et 1 femelle pour les animaux de Noé ou 4 males et 4 femelles (pour la famille de Noé) sont des quotas trop insuffisants pour repeupler le monde ! (ces quotas sont nettement inférieurs pour Adam et Eve).

Noe aime la navigation.

7.20 Les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus des montagnes, qui furent couvertes.
Ce qui fait une montée des eaux d’à peu près 8800m pour pouvoir recouvrir l’Everest.
Comment les animaux et les humains arrivent-ils à respirer à une telle altitude ?
Le volume de la planète (atmosphère comprise) s’est-il agrandit ?
D’où vient toute cette eau ? Où est-elle partie après le déluge ?
A partir du moment où les eaux commencent à monter, soulèvent l’arche et la font flotter, pourquoi Noé ne s’est-il pas dirigé vers la banquise polaire ? Il aurait pu y descendre immédiatement, car la banquise flotte, et vivre comme les inuits ?

8.4 Le septième mois, le dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat.
Pourquoi Noé ne s’est-il pas dirigé vers le mont Everest, éminence bien visible, bien avant que le mont Ararat ne sorte de l’eau. Il aurait pu débarquer bien plus tôt et repeupler le monde à partir des hautes plaines du Tibet, du Népal ou du Boutan.
Pourquoi Noé ne s’est-il pas dirigé vers les hautes cimes des Andes et habiter les hauts plateaux andins ?
Pourquoi ni la colombe, ni le corbeau n’ont-ils pu trouver l’Himalaya ou les Andes ?
Pourquoi Dieu n’a-t-il pas indiqué ces deux possibilité à Noé, le laissant dériver pendant de long jours supplémentaires ? Dans quel but ?

Quand Noé est myope comme une taupe.
Où la colombe a-elle bien pu trouver un olivier ?
Il est miraculeux que l’olivier n’ait pas été écrasé par une pression de près de 88 tonnes au cm2.
Arbre méditerranéen par excellence, l'olivier exige un climat doux, lumineux, et supporte tout à fait bien la sécheresse. Il craint plutôt le trop d'eau et donc les excès d'arrosage (apport de trente à quarante litres d'eau, une à deux fois en juillet et août, et seulement la première année après la plantation). Avec 600 millimètres de pluie bien répartis sur l'année, l'olivier se développe et produit normalement. Entre 450 et 600 mm/an, la production est possible, à condition que le sol ait des capacités de rétention en eau suffisantes, ou que la densité de la plantation soit plus faible. Comme l'olivier ne peut pas résister à une température inférieure à -15°C, cet isotherme délimite sa zone de culture en latitude et en altitude. Dixit wikipédia
L’olivier que la colombe à trouvé est donc a une altitude maximum de 800m, et il a survécu à un excès d’eau (salée qui plus est) !
Si l’eau a baissé jusque là, que fait Noé dans son arche ? Pourquoi ne s’installe-t-il pas en Turquie, en Iran, ou en Jordanie ? Quand il ouvre la fenêtre pour lâcher la colombe ou la récupérer ne voit-il pas qu’il n’y a plus d’eau autour de l’arche sur des milliers de kilomètres à la ronde ?
La majeure partie de la Turquie et de l’Iran est à une altitude de 1000m, celle de la Jordanie, 900m.

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Date de dernière mise à jour : 05/01/2014