1-4 Construire l'arche et rassembler les animaux

FAQ sur le Déluge

ark2.jpgAVANT PROPOS

Cecid est une traduction libre de l’article Problems with a Global Flood de Mark Isaac. Nous y avons ajouté quelques questions supplémentaires

Les modèles créationnistes sont souvent critiqués pour être trop vagues pour avoir une quelconque valeur prédictive. Une interprétation littérale du l’histoire du déluge consigné dans la Genèse, implique cependant des conséquences physiques qui sont en contradiction avec ce que nous observons aujourd’hui. Les implications de telles interprétations seront étudiées par la même occasion. Certains créationnistes fournissent même des modèles plus détaillés, et ceux-là seront aussi étudiés (voir notamment la section 5 et 7)

Les références bibliographiques sont indiquées à la fin de chaque section.

Deux modèles de déluge ne sont pas étudiés ici. Premièrement, le déluge local. Les chapitres 6 à 8 du livre de la Genèse ne peuvent pas être interprété de manière allégorique comme quoi le déluge sur le « monde » ne concernait que le monde que Noé connaissait. Les créationnistes eux-mêmes sont contre un tel déluge local car il ne cadre pas avec leur interprétation littérale, malgré les preuves physiques contre ce type de modèle.

D’autre part, l’histoire dans son ensemble ne peut pas être une série de « super miracles ». Il n’y a aucun moyen de contredire un tel argument. Cependant, on devrait se poser des questions à propos d’un Dieu qui fait arriver une chose et qui s’arrange pour que les conséquences d’un tel évènement indiquent d’autres choses. Il est impossible qu’un Déluge ait eu lieu il y a 4 000 ans ou même jeudi dernier, et que Dieu ait intentionnellement effacé toutes les preuves, incluant notre mémoire. Mais si l’histoire est vraie, où est le problème ?

1. Construire l’arche

Le bois n’est pas le meilleur matériau pour la construction des navires. Cela n’est même pas suffisant pour qu’un navire puisse tenir. Il faut qu’il soit suffisamment robuste pour que les éléments physiques changeants n’ouvrent pas de fissures dans la partie immergée du navire. Le bois n’est pas assez robuste pour éviter des ouvertures entre les joints, tout particulièrement dans les mers violentes que l’Arche devait rencontrer. Le bateau en bois le plus long des temps modernes fait à peu près 90 mètres de long et est renforcé par des courroies en fer qui sont insuffisantes à tel point qu’on doit les changer en permanence. L’arche faisait 138 mètres de long (Genèse 6,26) Pensez-vous qu’une arche de cette taille puisse être faite pour naviguer ?

Il est plus que douteux qu’un navire en bois navigable de cette taille puisse être construit, même aujourd’hui. Selon l’expert de construction navale A.M. Robb, il existe « une limite maximum, dans la région de 90 mètres, sur la longueur du bateau en bois ; au-delà d’une telle longueur la déformation en raison de la distribution différente des masses et la flottabilité deviennent excessives, avec la difficulté conséquente de maintenir (et d’entretenir) la coque imperméable à l’eau »(p 355). Même au vingtième siècle, les plus grands navires en bois ne faisaient pas plus que 90 mètres ; ces bateaux fuyaient tellement que même avec un système de pompage permanent et des renforcements en fer ils étaient dangereux en mer agitée ou pour un long voyage »

L’arche de Noé, d’autre part, aurait été bien plus grande de 50 m en plus que les bateaux en bois les plus longs du vingtième siècle et avec une largeur comme le Titanic ! En plus de sa taille incroyable, l’Arche devrait aussi résister aux conditions les plus féroces que la Terre est connue pour subsister dans les océans et pendant une longue période de temps.

titanic-arche.pngCliquez sur l'image pour l'agrandrir

Les tenants d’un déluge universel ne peuvent avoir le beurre et l’argent du beurre ! Ils ne peuvent pas avoir un cataclysme de l’ampleur de l’inondation biblique et toujours s’attendre à ce que l’arche survive. « Chaque année environ deux mille bateaux succombent aux forces de la mer, dans les conditions qui ressemblent aux latitudes australes comparées au déluge. Ceux-ci incluent des cargos d’acier structurellement plus flottables et plus grands que l’arche, dont certains ont disparus si vite dans ’un simple’ ouragan que les gens ont même suggéré une force paranormale derrière leur destruction " .

Il est intéressant de voir sur le site World Wide Flood (donc pro-déluge) tous les arguments pour prouver la flottabilité de l’arche. Tout en reconnaissant que les vagues auraient été dangereuses pour l’ensemble des habitants de l’arche entrainant un basculement du navire. (Sans parler de sa mise à flot progressive et qui devait subir les troncs et autres matières projetés par l’eau avec violence contre les parois, mais ça on n’en parle pas…), les auteurs assènent l’affirmation que pour faire retourner l’arche il aurait fallu des vagues de 47 m de haut pour la retourner intégralement (j’insiste sur ce terme) et que ça n’existe pas. C’est oublier les navires qui sombrent en mer par centaines tous les ans, et pas forcément par des murs d’eau d’une certaines tailles, mais par la multiplicité des vagues, le vent, et surtout LA FORCE qui font coucher les navires sur flanc.

Certains pro-déluges affirment que les vagues n’étaient pas très grandes car il n’y avait pas de terre pour stopper les vagues et donc qu’elles étaient plus petites. C’est un pur défi à la réalité ! Tout le monde sait que l’endroit le plus dangereux du globe pour les navires est entre le 40e Rugissant et le 50e hurlant. Pourquoi ? Laissons parler l’encyclopédie WIKIPEDIA sur le Cap Horn :

"Plusieurs facteurs se combinent pour faire du cap Horn l’un des passages les plus dangereux au monde pour la navigation maritime : il est situé près de l’océan austral, où prévalent de manière générale des conditions difficiles pour la navigation, il présente une topographie défavorable, et sa latitude est extrême, par 56° sud (à titre de comparaison, le cap des Aiguilles à la pointe sud de l’Afrique est par 35° sud, et l’île Stewart au sud de la Nouvelle-Zélande est par 47° sud). Les vents dominants aux latitudes situées sous 40° sud peuvent souffler d’ouest en est autour du globe en étant à peine interrompus par les terres, donnant naissance aux « Quarantièmes rugissants » et aux encore plus violents « Cinquantièmes et Soixantièmes hurlants ». Ces vents sont tellement dangereux que les navires qui naviguent vers l’est ont l’habitude de rester un peu au nord du 40e sud. Mais passer le cap Horn impose aux bateaux de pousser au-delà de 56° sud, donc loin dans la zone présentant les vents les plus violents. Ces vents sont accélérés au niveau du cap par un effet entonnoir créé par les Andes et la péninsule antarctique, qui obligent les vents à s’engouffrer dans le passage relativement étroit de Drake. Ces vents forts donnent naissance à de puissantes vagues, qui peuvent atteindre des proportions gigantesques lors de leur parcours autour de l’océan arctique. Parcours qui n’est interrompu par aucune terre, sauf au Cap Horn, où ces vagues rencontrent une zone d’eau peu profonde qui a pour effet de les raccourcir et d’en accroître la hauteur, augmentant le péril qu’elles représentent pour les navires. Les vagues peuvent également être encore plus creusées les jours où le vent souffle de l’est, venant ainsi à contresens du puissant courant marin qui traverse lui le passage de Drake d’ouest en est[20].Outre ces vagues « normales », la région à l’ouest du Horn est connue comme étant un lieu d’apparition soudaine de vagues monstrueuses (appelées les « vagues scélérates »), qui peuvent atteindre 30 mètres de haut. Les vents dominants et les courants marins sont particulièrement problématiques pour les navires qui veulent passer le cap à « contresens », c’est-à-dire d’est en ouest. De tous les types de navires, c’était les voiliers traditionnels pour qui la traversée était la plus difficile, car, dans le meilleur cas, ils ne parvenaient qu’à progresser très lentement contre les vents. Les voiliers modernes manœuvrent mieux pour naviguer contre le vent et le passage du Horn vers l’ouest est un peu plus sûr pour eux, comme par exemple pendant la course maritime du Global challenge."

Bref, comment Noé a-t-il pu construire une arche qui était incapable de flotter ? 

References

  • Robb,A.M. (1958). « Ship-Building. » In Singer, Charles, Holmyard, E.J., Hall, A.R., and Williams, Trevor (ed.),
  • A History of Technology, vol 5 : The Late Nineteenth Century, c1850 to c1900. Oxford : Oxford University Press, pp350-390.

2. Rassembler les animaux

Rassembler toutes les espèces d’animaux à proximité de l’arche pose des problèmes importants.

 


"Quel spectacle inoubliable ! De tous horizons, ils arrivent par centaines ! Certains trottent, d’autres volent ou sautent, sans compter ceux qui rampent ou se dandinent. Noé et sa famille ont devant eux une diversité époustouflante de tailles, de formes, mais aussi de comportements. Inutile d’imaginer un pauvre Noé en train de batailler ou de chercher à attraper et à amadouer tous ces animaux sauvages pour les faire monter à bord ! Le récit dit que les animaux « entrèrent vers Noé dans l’arche » (Genèse 7:9Bible de l’Épée)." - Tour de Garde 1er avril 2013

 


 

Est-ce que les animaux ont pu voyager de toute la Terre jusqu'au Moyen-Orient ?

Si les animaux ont voyagé de toutes les parties du monde, la plupart durent rencontrer de grosses difficultés.

  • Certains d’entre eux comme les paresseux (l’aï) ou les pingouins ne peuvent pas vraiment traverser les terres. Quid du kiwi en Nouvelle Zélande ou même des tortues terrestres des Galapagos ? Combien d’années a t’il fallu à notre pauvre couple de tortues pour quitter son île et surtout pour y revenir après avoir dégringolé une chaîne de montagnes enneigée (entre 4000 et 5000 m d’altitude SVP), traverser déserts et océans ?  L'aï (le paresseux) venant de l'Amerique du Sud tropicale parcourt maximum 43 km en 1 an. Il vit 12 ans. Il n'aurait pu faire que 500 km et il serait mort de vieillesse avant même d'être sorti de la jungle amazonienne !
  • Certains animaux, comme les koalas et de nombreux insectes exigent un régime spécial. Comment ont-ils fait pour emporter leur nourriture avec eux ?
  • Certains arthropodes de grottes ne peuvent survivre dans un biotope avec moins de 100% d’humidité relative.
  • D’autres, comme les dodos, ont dû habiter sur des iles. Si ce n’était pas le cas, ils auraient été des proies faciles pour les autres animaux. Quand des espèces communes comme les rats ou les cochons sont introduits sur des iles, des espèces indigènes disparaissent. Ces espèces n’auraient pas pu survivre face à une telle concurrence si les espèces communes pouvaient les avoir cotoyées avant le déluge.

Est-ce que les animaux ont vécu près de Noé ?

Certains créationnistes suggèrent que les animaux n’eurent pas à voyager de loin pour atteindre l’arche ; un climat tempéré aurait permis à tous les animaux de vivre ensemble à proximité. Toutefois, une telle proposition rend les choses encore plus compliquées. Ce dernier point mentionné doit s’appliquer non plus aux espèces insulaires mais à l’ensemble des espèces. La compétition entre les espèces aurait conduit la plupart d’entre elles à l’extinction complète.

Il y a une raison qui explique pourquoi les salamandres, les yacks et les quetzals ne vivent pas ensemble dans un climat tempéré. Ils ne peuvent pas y survivre, tout du moins pas longtemps sans une attention vraiment particulière. Les organismes ont des environnements préférés en-dehors desquelles ils sont en désavantage mortel. La plupart des extinctions sont causées par la destruction de l’environnement préféré des organismes. Les créationnistes qui proposent toutes les espèces vivant dans le même climat uniformisé, proposent en fait la destruction de tous les environnements sauf d’un seul. Peu d’espèces auraient pu survivre à cela.

Comment l’arche fut-elle chargée ? Faire rentrer tous les animaux à bord de l’arche présente des problèmes logistiques (bien que non impossible), hautement inapplicable. Noé n’a eu que 7 jours pour charger l’arche (Genèse 7,4-10). Si seulement 15 764 animaux étaient à bord de l’arche (voir section 3) chaque animal devait être chargé toutes les 38 secondes, sans pause. Si le nombre d’animaux était plus important, la pression du temps fait augmenter le nombre d'animaux à charger. 

3. Installer les animaux à bord

Pour déterminer combien d’espace il fallait pour les animaux, nous sommes obliges de déterminer ce qui est une espèce, combien d’espèces étaient à bord de l’arche, et quelle taille elles faisaient.

Qu’est-ce qu’une espèce ?

Les créationnistes n’arrivent même pas eux-mêmes à se mettre d’accord sur ce sujet ; ils proposent une large gamme de classification, et j’ai même pu voir un royaume entier (les bactéries) classifié comme une seule espèce. Le créationniste Woodmorappe (p.5-7), qui sert de source primaire à la Watchtower (voir bibliographie), trouve un compromis en utilisant le genre comme "genre"

Toutefois, dans l’arche, les espèces ont obligatoirement désigné des espèces comme nous l'entendons aujourd'hui pour trois raisons :

  • Afin de pouvoir nommer les animaux, les hommes qui vivent auprès d’eux les distinguent entre eux (c’est le pourquoi des noms différents) ce qui correspond à peu près au niveau d’espèces [Gould, 1980]
  • Le terme biblique pour espèce (NDT : en anglais, il y a “kind” pour genre/chose/ et « specie” pour espèce. En Français, c’est le même terme et en hébreu aussi), suivant la plupart des interprétations, implique une reproduction séparée. Le rassemblement dans l’arche des différentes espèces d’animaux avait comme but de les préserver pour les futures reproductions. « Espèce », par définition est le niveau où les animaux se reproduisent distinctivement. (comme l'ours blanc et l'ours brun)
  • Le Déluge, suivant la chronologie biblique, est très récent (-2400). Il n’y aurait tout simplement pas eu assez de temps pour accumuler autant de mutations nécessaires pour la diversité des espèces que nous voyons aujourd’hui, soit seulement quelques générations plus tard.

Quelles espèces étaient à bord de l’arche ?

La Watchtower affirme, que selon « certains chercheurs » (anonymes), il aurait suffit à Noé de rassembler « seulement 43 espèces de mammifères, 74 espèces d’oiseaux et 10 espèces de reptiles pour produire la grande variété d’espèces des créatures connues d’aujourd’hui » ( Étude perspicace des Écritures, Vol 1, p.327.) Ces espèces auraient suffit a donner naissance aux millions d’espèces actuellement vivantes. Le livre Étude perspicace des Écritures assure qu’il aurait fallu seulement un couple de bovidés et un couple d’équidés qui aurait donné les bisons, les vaches et les gazelles (qui ne sont pas inter-féconds)et les zèbres, les poneys et les étalons arabes ! Nous aurions eu ainsi une macro-évolution planétaire extraordinaire en l’espace de seulement 40 siècles depuis le Déluge. Sur une hypothèse basse d’un million de nouvelles espèces sur 4000 ans, cela fait plus de 250 nouvelles espèces par an, soit 5 par semaine. Même le plus fervent des évolutionnistes n’affirmerait jamais une telle chose [1].

Si les Témoins de Jéhovah ne croient pas à l'évolution, par quel procédé toutes ces espèces sont-elles donc apparues ? - Voir l'article sur la macroévolution

Des auto-déclarés scientifiques tels que Woodmorappe, Whitcomb & Morris tentent de contourner ce problème et excluent arbitrairement tous les animaux à l’exception des mammifères, oiseaux et reptiles. Cependant, beaucoup d’autres animaux, particulièrement les arthropodes terrestres, devaient être aussi dans l’arche pour au moins deux raisons :

  • La Bible le dit. Genèse 7,8 mets dans l’arche toutes les créatures qui se meuvent sur la Terre sans d’autres qualifications.. Lev. 11:42 inclut les arthropodes (créatures “marchant sur plusieurs pattes”) dans cette catégorie.
  • Elles n’auraient pas pu survivre à l’extérieur. Genèse 7:21-23 dit que TOUTES les créatures qui ne furent pas à bord de l’arche périrent. Assurément, pas une seule espèce d’insecte sur les milliers existantes, auraient pu survivre six mois sur la boue végétative proposée par les créationnistes. D’autres espèces terrestres comme les vers, les escargots, les limaces, les mille-pattes, etc devaient être dans l’arche pour survivre.
Comment Noé a-t-il réussi à réunir 500 000 espèces différentes de coléoptères dans l'arche ? 
 

Est-ce que les dinosaures et les autres espèces éteintes furent dans l’arche ?

Suivant la Bible, Noé prit un échantillon de tous les animaux vivants au temps du déluge. Si, suivant l’argument créationniste, toutes les strates des paliers fossiles furent déposées par le Déluge, alors tous les animaux devenus fossiles étaient vivants. De sorte que toutes les espèces éteintes avaient des représentants à bord de l’arche. Donc, les dinosaures aussi...

trex.jpg

Cela nous rappelle, fort à propos, que le nombre d’espèces éteintes est indubitablement plus grand que le nombre d’espèces éteintes connues à ce jour. Des nouvelles générations de dinosaures et de mammifères ont été découvertes dans un chiffre toujours croissant depuis plus d’un siècle, et il n’y a aucune donnée qui puisse nous dire que ce chiffre diminue dans un futur proche.

Est-ce que les animaux à bord de l’arche étaient arrivés à maturité sexuelle ?

Woodmorappe prends des animaux (pour les caser tous dans l’arche) en considérant que les jeunes paires de tous les animaux qui font plus de 1 KG sont des adultes. Toutefois, la Bible indique que Noé n’a pas pris de tels « adultes » à bord :

  • La Bible (Genèse 7:2) parle du “mâle et de sa femelle” indiquant que tous les animaux étaient à maturité sexuelle.
  • Beaucoup d’animaux requièrent l’attention d’un adulte pour leur enseigner les comportements à avoir pour survivre. Si Noé avait mis à bord que les jeunes, ces animaux n’auraient pas survécu.

Le dernier point ne s’applique pas à tous les animaux. Cependant, les animaux qui ne nécessitent pas l’attention de parents sont des animaux qui sont matures très rapidement et auraient été très proches de la taille adulte après une année de croissance de toute façon.

Combien d’animaux purs étaient à bord de l’arche ?

La Bible dit que sept ou quatorze (c’est ambigu) de chaque espèce d’animaux purs étaient à bord (Genèse 7). Cela définit les animaux purs comme étant essentiellement des ruminants, un sous-ordre qui inclut 69 genres récents, 192 espèces récentes [Wilson & Reeder, 1993] et probablement un nombre comparable de genres et d’espèces éteints. Ceci est un tout petit pourcentage du nombre total d’espèce, mais les ruminants sont parmi les plus gros mammifères, donc la masse volumique est importante.

Woodmorappe (p.8-9) contourne le problème en citant la tradition juive qui indique seulement 13 genres domestiques comme étant purs. Il ecalcule alors que cela aurait augmenté la masse volumique de seulement 2 à 3% et conclut que ce chiffre est suffisamment peu important pour pouvoir l’ignorer complètement. Cependant, même les sources juives reconnaissent que cela contredit les termes bibliques qui sont sans ambiguïtés. [Steinsaltz, 1976, p. 187]

Le nombre et la taille de toutes les espèces pures d’oiseaux est assez petit pour l’ignorer complètement, mais la Bible dans un verset (Genèse 7 :3) dit que sept de toutes les espèces d’oiseaux furent à bord.

Il est à noter la contradiction évidente entre le récit du Déluge au chapitre 6 et celui au Chapitre 7 (tous les animaux ou tous les animaux + un ratio plus importants d’animaux purs). L’exégèse à depuis longtemps prouvé l’existence de deux traditions littéraires indépendantes et conservées ensemble. Mais pour les créationnistes, la Bible ne comporte aucune contradiction et les exégètes sont des mécréants…

 


 

QUESTION THEOLOGIQUE : Comment Noé a-t-il pu distinguer les espèces d'animaux "purs" des espèces "impures" (Gn 7.2), alors que cette distinction n'a été expliquée à personne avant Moïse, soit 1 000 ans plus tard selon la chronologie biblique ? Pour qu'elle raison faire une distinction entre purs & impurs alors que cette prescription fut donnée dans l'unique but de rendre saint le peuple d'Israël à sa sortie d'Egypte dans sa consommation alimentaire : Levitique 11 : 45 - 47 ? - NB:  prescription abrogée par Marc 7:15 & Paul 1 Corinthiens 10 : 25-27 Pourquoi faire une distinction dans les animaux pour un peuple qui n'existe pas encore, et même une loi qui n'existe pas encore et qui sera abrogée par la suite selon la doctrine chrétienne ? 

 


 

Pouvaient-ils tous tenir ?

Il est important de prendre en compte la taille des animaux quand on veut calculer la place qu’ils pourraient occuper dans l’arche, les plus petits animaux formant le plus grand nombre d’espèces. Woodmorappe a fait ce calcul et en arrive à la conclusion que les animaux occuperaient 47% de l’Arche. En supplément, il a déterminé que 10% de la surface de l’Arche était nécessaire pour la nourriture ( réduite au maximum pour prendre le moins de place possible) et 9.4% pour l’eau ( en considérant qu’il n’y ait aucune évaporation, ni perte). En dernier lieu, 25% de l’espace était nécessaire en couloir et dégagement. Ainsi, une simple augmentation du nombre d’animaux de l’ordre de 5%, dépasserait la charge supportable par l’Arche.

Néanmoins, Woodmorappe a posé plusieurs hypothèses discutables voire invalides. Voici comment certains faits présentés au-dessus ont une influence sur son analyse. Le Tableau 1 présente les analyses et calculs supplémentaires de Woodmorappe.

tableau-woodmorappe.jpg

Table 1 : Analyse du poids des animaux entrés dans l’Arche en 8 catégories. Les numéros de pages renvoient au travail de Woodmorappe, 1996, duquel ont été tiré les données du tableau. ( Des erreurs minimes de calcul ont été corrigées.) Woodmorappe a décrété qu'une majorité d'animaux à bord de l’Arche comme étant encore au stade infantile. La colonne « poids total après un an » correspond au poids maximum envisagé par Woodmorappe. Les données additionnelles sur les animaux purs se basent sur 7 individus entrés dans l’Arche, et non 7 paires d’individus, de plus le poids proposé est celui des animaux au stade infantilRassembler les animaux par espèces plutôt que par genre augmenterait le nombre d’individus par trois ou quatre. Le groupe le plus représenté étant des animaux de petites tailles la masse totale devrait doubler ou tripler.

  • Rassembler toutes les espèces les animaux terrestres à la place des mammifères, oiseaux et reptiles à un impact significatif sur l’espace disponible, même si ces animaux sont petits (la plus grosse problématique étant de les nourrir)
 
  • En laissant tous les animaux qui ont disparu depuis lors , on obtient un espace disponible beaucoup plus important. Woodmorappe ne précise pas dans ses calculs combien d’espèces éteintes sont connues grâce aux fossiles, mais il semblerait que cela concerne 50 à 70 % d’entre elles dont les plus grosses (comme l’auroch par exemple). Toutefois, sachant qu’il ne prend que des bébés animaux, laissant les dinosaures à l’extérieur (apparemment le Dragon de Komodo ne rentre pas dans cette catégorie) cela n’aurait pas rajouté 80 % de l’espace. D’un autre côté, collecter tous les animaux qui ont depuis lors disparus aurait augmenté de manière significative la charge du bateau.
 
  • En prenant des adultes au lieu de prendre des bébés, Woodmorappe aurait dû multiplier le poids de 13 à 50 fois !
 
  • Si Noé avait appliqué le commandement à propos des animaux purs, le poids aurait été augmenté de 1,5 à 3% en en prenant que les 13 ruminants domestiques, mais de 14 à 28 % en prenant en compte tous les ruminants de la Terre.  

 

En conclusion, la taille de l’arche telle que décrite dans la Bible n’aurait jamais été assez grande pour transporter un cargo d’animaux et de nourriture suffisants pour repeupler la Terre, tout particulièrement si les animaux qui ont depuis disparus étaient à bord.

D'où viennent les espèces qui n'étaient pas à bord de l'arche faute de place ? Si l'eau a recouvert l'Everest (Genèse 7:19), où donc ces espèces terrestres ont-elles attendues la décrue ? 

 

References

  • Gould, Stephen Jay, 1980. A quahog is a quahog. In The panda’s thumb, Norton, New York.
  • Thomas Römer, Jean-Daniel Macchi, Christophe Nihan, Introduction au Nouveau Testament, (éd.), Labor et Fides, 2004, ISBN 2830911121
  • Steinsaltz, Adin, 1976. The essential Talmud. Basic books.
  • Whitcomb, J.C. Jr. & H.M. Morris, 1961. The Genesis Flood. Presbyterian and Reformed Publishing Co., Philadelphia PA.
  • Wilson, D.E. & D.M. Reeder (eds.), 1993. Mammal species of the world. Smithsonian Institution Press. (http://www.nmnh.si.edu/msw/)
  • Woodmorappe, John, 1996. Noah’s Ark : a feasibility study. Institute for Creation Research, Santee, California.

4. Entretien des animaux

Régimes appropriés.

Beaucoup d’animaux, spécialement les insectes, requièrent un régime spécial. Par exemple, les koalas ont besoin de feuilles d’eucalyptus fraîches tous les jours, et les vers à soie ne mangent rien d’autres que des feuilles de muriers. Pour des milliers d’espèces de plantes (si ce n’est toutes les plantes), il y a au moins un animal existant qui ne mange que leur feuille. Comment Noé a-t-il réuni toutes ces plantes à bord et où les a-t-il mises ?

D’autres animaux sont strictement carnivores et certains d’entre eux ne mangent qu’une  nourriture spécifique comme des petits mammifères, des insectes, des poissons ou des invertébrés aquatiques. Comment Noé a-t-il pu connaitre et gérer tous les régimes alimentaires ?

Fourmillier

Nourriture fraîche.

Une majorité d’animaux ont besoin d’une nourriture fraîche pour survivre. Beaucoup de serpents, par exemple, ne se nourrisse que de nourritures vivantes (du moins chaude et qui se déplace). Les guêpes parasitoïdes n’attaquent que les proies vivantes.   . La plupart des araignées localise leur proie par les vibrations produites sur leur toile. [Foelix, 1996] La majorité des insectes herbivores se nourrissent de nourriture fraîche. Les Aphidoidea par exemple sont physiquement incapables de sucer des feuilles qui sont tombées de l’arbre. Comment Noé a-t-il pour garder toute cette nourriture dans la fraicheur la plus absolue ?

Préservation de la nourriture/ Contrôle des nuisibles.

La conservation de la nourriture est un problème majeur pour les longs voyages et tout particulièrement avant que nous n’inventions la ventilation et la réfrigération. L’énorme quantité de nourriture embarquée aurait favorisée la diffusion des parasites et l’humidité énorme au sein de l’arche aurait favorisé la putréfaction. Comment Noé a-t-il réussi à préserver la nourriture de ces 2 fléaux naturels ? La décomposition de la nourriture est un problème majeur lors de longues traversées ; cela était particulièrement vrai avant l’invention de la conserve et du réfrigérateur. L’énorme quantité de nourriture à bord de l’arche aurait été attaquée par les centaines d’insectes nuisibles embarqués (surtout si tous les insectes nuisibles étaient à bord). Le taux d’humidité à bord de l’arche aurait provoqué des conditions idéales pour la moisissure. Comment Noé a-t-il réussi à préserver toute la nourriture des nuisibles et de la moisissure ?  

Ventilation. 

L’arche aurait dû être extrêmement bien ventilée afin de permettre l’évacuation de la chaleur, de l’humidité et les gaz dégagés (dont le méthane, le dioxyde de carbone et l’ammoniaque) par les milliers d’animaux embarqués. Le créationniste Woodmorappe (pp.37-42) interprète Genèse 6,16 comme quoi il y avait des ouvertures de 45 cm tout autour du toit, et ainsi affirme qu’une douce brise aurait été suffisante pour la ventilation nécessaire. Cependant, d’après Genèse 6, 14 & 16, l’arche était séparée par des ponts et des pièces. Comment donc l’air frais a-t-il fait pour circuler à travers la structure ?

Sanitaires. Les ongulés (hippopotame, éléphants, rhinocéros, cochons…) auraient à eux-seuls produits des tonnes de purin par jour. Les déjections du rez-de chaussée (et surement jusqu’à mi-hauteur de l’arche) n’auraient pas pu être évacuées à l’extérieur par des trappes (inexistantes dans le récit d’ailleurs) car étant sous la ligne de flottaison. Les déjections auraient donc dû être transportées de plusieurs ponts. Même en imaginant que les 2 vers de terre étaient très actifs, l’entretien de toutes les pièces auraient nécessité un travail surhumain. Comment un si petit équipage a-t-il pu gérer autant de déjections animales ?

Conditions physiques des animaux.

Les animaux embarquée sur l’arche aurait été dans une bien mauvaise condition sans exercice physique (imaginez-vous rester une année complète dans un cabinet de toilettes). Comment la plupart des milliers d’espèces d’animaux ont-elles pu s’exercer régulièrement ?

L’équipage pour l’entretien des animaux.

Comment donc 8 personnes ont-elles pu gérer une ménagerie bien plus large et plus diverse que celle présente dans les plus grands zoos alors que ces derniers emploient des dizaines d’employés ? Woodmorappe affirme que 8 personnes auraient pu s’occuper de 16 000 animaux, mais cela est complètement faux et irréaliste. Voici par exemple quelques exemples qu’il n’a pas pris en compte dans son calcul :

  • Nourrir les animaux aurait pris plus de temps si la nourriture était dans des conteneurs pour les protéger des nuisibles
  • Beaucoup d’animaux doivent être nourris à la main
  • Hydrater les animaux d’un seul coup avec un abreuvoir ne fonctionne pas sur un bateau. Le roulement du navire aurait fait renverser l’eau
  • Beaucoup d’animaux, dans cet environnement artificiel, auraient eu besoin de soins spéciaux supplémentaires. Par exemple, tous les animaux à sabots auraient eu besoin d’avoir les sabots cures plusieurs fois durant le voyage [Batten, 1976, pp. 39-42]
  • Les dejections n’auraient pas pu être simplement pousées à l’extérieur. 1/3 auraient dû être transportées d’au moins d’un point.
  • Les cadavres des animaux morts (oui, certains n’auraient pas eu le temps de voir la fin du voyage vu leur espérance de vie) auraient dû être enlevés régulièrement.
  • Les animaux ne peuvent faire un petit tour pour se dégourdir les pattes et retourner à leur cage sans une supervision humaine.
References
  • Batten, R. Peter, 1976. Living trophies. Thomas Y. Crowell Co., New York. Foelix, Rainer F., 1996. The biology of spiders, 2nd ed., Oxford University Press, New York. Chpt. 6.
  • Woodmorappe, John, 1996. Noah’s Ark : a feasibility study. Institute for Creation Research, Santee, California.

2 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

Commentaires (1)

gogo75
  • 1. gogo75 | 28/09/2015

en réponse des animaux pur dans genese 7 : 4 ,il faut comprendre " pur "dans le sens rituel " de la pureté ,puisque Noé fera des sacrifices après le déluge et il connaissait fort bien quels étaient ces animaux puisque abel en sacrifiait avant le déluge ! quand à la pureté " alimentaire " moise distingue ceux qui sont (pure ,bon à manger ) et ceux qui sont pur pour le rituel hebreux téora ( comme dans génèse 7 :4 ) ! De plus le narrateur Moshé ,puisque c'est lui qui à écrit la génèse ( béréshit ) emploi SES mots et SES détailles pour décrire l'évènement .
De plus la thora comme d'ailleurs toute la bible est un livre de 66 livre environs invite sa compréhension par la logique et sa croyance par l'adhérence ! et oui ,éssaie de résumer aujourd hui la vie de ta planette en décrivant certains détail et ceci sur une période de 6000 ans environs et avec quelques paragraphe explicatif ! Tu vois les einchteine de l'histoire scientifique n'ont pas leur place dans la Théologie ! quoique Einchteine n'a pas réfuté la présence et l 'action d'un Être surpuissant dans l'univers !

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 10/12/2014