6. Les implications physiques d'un déluge

Un déluge universel aurait produit des conséquences physiques que nous ne voyons absolument pas aujourd'hui : 

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Comment expliquez-vous les âges différents des montagnes ? Par exemple, pourquoi la Sierra Nevada n’est-elle pas érodée comme les Appalaches. Ou pourquoi les monts d’Auvergne ne le sont pas -ils autant que les Alpes ?

Pourquoi il n’y a aucune trace d’un Déluge dans les carottes de glace ? Les carottes extraites en Antarctique ou Groenland ont été datées au-delà des 700 000 ans en comptant les couches annuelles. [Johnsen et al, 1992,; Alley et al, 1993]  Un déluge universel devrait nous révéler une ou des couches de sédiments, notables dans le changement de salinité et d’oxygènes en ration d’isotopes, des fractures thermales, un hiatus dans les bulles d’air captives, et bien entendu d’autres évidences. Pourquoi aucune preuve n’apparait ?

 


EXTRAIT DU SITE http://recherchespolaires.inist.fr/ Actualités de la recherche scientifique aux pôles 

 

Carotte de glace 

Publié le 20.07.2007  - MàJ le 22.02.2012

Echantillon prélevé par forage (ou carottage) au sein de calottes glaciaires ou de tout autre glacier, dont la formation résulte de l’accumulation et du tassement de couches de neige successives année après année, les couches les plus profondes étant les plus anciennes.

 

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Carotte glaciaire à la sortie de la tige de forage. Les résultats des collectes d’échantillons extraits du Dôme C, à la base scientifique franco-italienne "Concordia" (localisée plus de 1000 km à l’intérieur du continent antarctique) révèlent l’évolution du climat (température et composition atmosphérique) des 740 000 dernières années. De nouvelles perspectives s’ouvrent pour mieux comprendre les mécanismes qui pilotent l’évolution naturelle du climat, notamment les relations entre les teneurs en gaz à effet de serre et les températures.
© CNRS Photothèque / AUGUSTIN Laurent 

UMR5183 - LABORATOIRE DE GLACIOLOGIE ET GEOPHYSIQUE DE L’ENVIRONNEMENT (LGGE), ST MARTIN D’HERES

 

Ces carottes sont véritablement une mémoire du passé en ce sens qu’elles renferment des impuretés (particulaires, gazeuses, des radionucléides...) qui en font d’excellents enregistrements d’un point de vue variations climatiques, volcanisme, activité solaire... Pour ce qui concerne le paléoclimat notamment, elles permettent entre autres une estimation des paléotempératures atmosphériques, du volume des océans, de l’importance des précipitations, de la chimie des gaz de la troposphère (piégés sous forme d’inclusions)...

Les forages les plus récents au sein des inlandsis duGroenland ou de l’Antarctique ont mis à disposition des carottes ayant permis de remonter à plusieurs centaines de milliers d’années en arrière

Exemple : jusqu’à -800 000 ans pour le forage EPICA sur le site du Dôme C, base Concordia en Antarctique

 


 

Comment les calottes de glace polaires sont possibles ? Une masse d’eau comme le Déluge aurait du provoquer suffisamment de remous pour faire bouger les pôles en-dehors de leur lit et les cases. Ils n’auraient pas regrandi aussi vite. En fait, la calotte glacière du Groenland n’aurait pas pu regrandir sous nos conditions climatiques actuelles (les derniers 10 000 ans)

Pourquoi le Déluge n’a laissé aucune trace dans les océans ? Une longue année de Déluge devrait être reconnaissable dans les carottes du fond des mers par (1) un atypique amoncellement de détritus terrestres (2) des distributions de graines de différentes tailles dans les sédiments (3) un changement dans les ratios d’isotopes d’oxygènes (la pluie à une composition isotopique différente de l’eau de mer (4) une destruction massive et (n) d’autres caractéristiques. Pourquoi rien de tout cela n’apparait ?

Pourquoi il n’y a aucune évidence d’un Déluge dans les anneaux des bois ? L’historicité des anneaux de bois remonte au-delà de 10 000 ans, avec aucune évidence d’une catastrophe durant cette période [Becker & Kromer, 1993; Becker et al, 1991; Stuiver et al, 1986]

 


 

Reflexion : Pour les Témoins de Jéhovah, le lac de Van est un lac dans l'os 

 

Situé à 1 700 m d’altitude, le lac de Van est le plus grand lac de Turquie. C’est une véritable mer intérieure couvrant 3.713 km² et dont la profondeur atteint 100 m. Ce lac s’est formé après l’éruption d’un volcan (Nemrut Dagi) qui a bloqué l’écoulement des eaux à cet endroit. L’eau ne « s’échappe » que par évaporation. A cause de la forte salinité de ses eaux, il n’y a pratiquement pas de vie dans le lac, les poissons se concentrant à l’embouchure des rivières.

 

 Mais ce que peu de personnes savent, c’est que ce lac est une véritable mine d’informations sur l’histoire du climat du pays. C’est ce qu’a constaté une équipe internationale de chercheurs [Kadioglu M ; Sen Z ; Batur E; 1997] . Le fond du lac est recouvert d’une épaisse couche de sédiments a laquelle chaque année apporte sa contribution. En été vient s’y ajouter essentiellement du carbonate de calcium, en hiver de l’argile. Grâce à la différence de couleur entre les deux couches, les chercheurs peuvent distinguer dans le sédiment des espèces d’anneaux annuels remontant jusqu’à quelque huit cent mille ans !

 

 Ces cercles ne sont perturbés ni par des tempêtes ni par des vagues, parce que la couche sédimentaire repose à une profondeur de 400 mètres. De la composition du sédiment, les chercheurs peuvent tirer une abondante moisson de données intéressantes. Par exemple, les vulcanologues peuvent dater avec précision les éruptions volcaniques qui se sont produites à proximité du lac parce qu’à chaque éruption correspond une couche noire dans le sédiment. De la composition des cendres, il leur est même possible de déduire l’identité précise du volcan concerné.

 

Les tremblements de terre sont eux aussi clairement conservés dans ces archives. Mais le plus important est que les paléobotanistes peuvent identifier, sur la base des pollens contenus dans la couche estivale du sédiment, les plantes qui croissaient sur les rives du lac. Car ces informations leur permettent de connaître la température et la quantité de précipitations de cette période, et donc de reconstruire l’évolution du climat.

 

Et la trace du Déluge de Noé ? Nulle part ! Pourtant la masse d’eau qui est censée avoir dépassé les montagnes aurait dû nettoyer les archives climatiques et mettre en pagaille les sédiments lors de leur redéposition au fond du lac. Comment un tel processus découpé de manière aussi net a-t-il pu se produire dans le contexte violent d’une inondation universelle tel que le décrit la Bible ?

 

Karl Popper (1902-1994) a fait avancer la science d’un grand pas en montrant que c’est la réfutation qui détermine si une théorie est juste ou pas. Par exemple, nous pouvons dire que tous les cygnes sont blancs car nous en avons vu des centaines mais il suffit d’un cygne noir pour prouver le contraire. Cette règle applicable en histoire montre de manière irréfutable, qu’il n’y a jamais eu un déluge biblique universel ni de montagne Ararat, pourtant en Turquie elle aussi, recouverte par des hectolitres d’eau. Les sédiments du fond du Lac de Van sont un livre d’histoire infalsifiable (contrairement aux écrits) qui est un pavé dans le déluge des fondamentalistes et un cygne noir pour les défenseurs d’un cataclysme prophétique pour notre époque…

 


 

Sources :

 

Alley, R. B., D. A. Meese, C. A. Shuman, A. J. Gow, K.C. Taylor, P. M. Grootes, J. W. C. White, M. Ram, E. W. Waddington, P. A. Mayewski, & G. A. Zielinski, 1993. Abrupt increase in Greenland snow accumulation at the end of the Younger Dryas event. Nature 362: 527-529.

Becker, B. & Kromer, B., 1993. The continental tree-ring record - absolute chronology, C-14 calibration and climatic-change at 11 KA. Palaeogeography Palaeoclimatology Palaeoecology, 103 (1-2): 67-71.

Becker, B., Kromer, B. & Trimborn, P., 1991. A stable-isotope tree-ring timescale of the late glacial Holocene boundary. Nature 353 (6345): 647-649.

Johnsen, S. J., H. B. Clausen, W. Dansgaard, K. Fuhrer, N. Gundestrap, C. U. Hammer, P. Iversen, J. Jouzel, B. Stauffer, & J. P. Steffensen, 1992. Irregular glacial interstadials recorded in a new Greenland ice core. Nature359: 311-313.

Kadioglu M; Sen Z : Batur E ; The greatest soda-water lake in the world and how it is influenced by climatic change, 1997, Istanbul Technical University, Meteorology Department, Hydrometeorology Research Group, Maslak 80626 Istanbul, TURQUIE

Stuiver, Minze, et al, 1986. Radiocarbon age calibration back to 13,300 years BP and the 14 C age matching of the German Oak and US bristlecone pine chronologies. IN: Calibration issue / Stuiver, Minze, et al.,Radiocarbon 28(2B): 969-979.

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Date de dernière mise à jour : 10/12/2014