Les anachronismes dans le Nouveau Testament

Dans un précédent article, nous avions vu une liste non exhaustive d'anachronismes présent dans l'Ancien Testament. Le Nouveau Testament est réputé (par croyance) être plus exact historiquement mais les exemples ci-dessous prouvent que non. 

 

  • La Naissance de Jésus

Comment Jésus peut naitre au temps d’Hérode qui meurt en -4 av JC selon Matthieu et au moment du recensement de Quirinius edicté par les Romains en +6 ap JC selon Luc ? Les dates sont formelles :

    •  Hérode meurt en -4 av JC - et ce n’est pas les tentatives désespérés des fondamentalistes pour repousser la date de sa mort en -1 av en proclamant que Flavius Joseph parle d’une eclipse de lune totale. C’est faux, faux archifaux. Jamais Flavius Joseph ne parle d’une eclipse de lune « totale » ET l’éclipse de lune partielle était bien visible en -4 !) 
    •  La Judée devint province romaine en +6 ap JC. Comment les Romains pouvaient-ils ordonner un recensement afin d'évaluer l'impôt potentiel en -2 av JC d’une province encore autonome  ?

En effet, en +6, Quirinius, gouverneur de Syrie, entre en fonction (censé gouverner à la naissance de JC selon Luc 2,2). Cette erreur de date reflète aussi la méconnaissance des rédacteurs des évangiles. L’empereur romain Octavien, occupe définitivement la Palestine, dépose Archéaleos, fils d’Hérode, du trône de Jérusalem pour y mettre Copponius qui n’est pas juif. Pour les Hébreux, cette substitution représente la réalisation de la prophétie de Jacob « La venue du Messie sera vérifiée lorsque le sceptre de David aura été enlevé des mains d’un juif pour passer dans celles d’un étranger »(Genèse 49. La conséquence de l’exaltation de la prophétie de Jacob dans le peuple Juif fut que des messies commencèrent à surgir un peu partout. Ces messies étaient considérés par les romains comme des perturbateurs et étaient capturés comme Theudas, Dosidée de Samarie, Meadre, Jean de Gamala, Simon. La lecture de cette prophétie par les auteurs des évangiles à conduit Matthieu à situer la naissance de Jésus-Christ sous Hérode en -4 et Luc sous Quirinius en +6. Cette contradiction, gênante pour l’Église n’a toujours pas été résolue…

A savoir :Les Evangiles de Matthieu et de Luc situent la naissance de Jésus sous Hérode le Grand, mort en l’an 750 de la fondation de Rome. C’est au IVe siècle de notre ère que, selon la Tradition, le moine Denys le Petit établit, par ses calculs, l’an 1 de l’ère chrétienne. Or il se trompa et fit correspondre l’an 1 à l’an 754 de la fondation de Rome. Donc, il nous faut remonter 4 ans en arrière au moins mais sans certitude. Le récent Benoit XIV reconnaissant qu'il faut sans doute remonter à -7 ou -8. Magnifique précision pour la naissance du soi-dissant sauveur de l'humanité ! 

Face à ce fait embarassant, que fait la Watchtower des Témoins de Jéhovah ? Elle critique sa principale source, Flavius Joseph et sa méthode de calcul par un raisonnement alambiqué reconnut par aucun historien (Livre Etude Perspicace ( Sous la rubrique Hérode -page 1114 vol 1).

Comment peut t-elle critiquer le seul historien qui parle de Jésus (dont le témoignage est un faux grossier créé par l'Eglise) avec cette formule qui ne veut rien dire « les biblistes pensent qu’il s’agit d’une erreur » Qui sont ces biblistes ? Pas de source, rien. Magnifique. Croyez, braves moutons ! Pourtant il suffit d’ouvrir l’ensemble des livres sur Jésus dans une bibliothèque pour se rendre compte que justement les historiens appuient la mot d’Herode en -4

Source :

  • Jésus contre Jésus - Gérard Mordillat et Jérome Prieur - Edition Seuil. 
  • Jésus - Charles Guignebert - Edition Albin MICHEL
  • Contre-enquête sur la mort d'Hérode par François-Dominique FOURNIER en réponse à l'argumentation du Témoin de Jéhovah Gerard GERTOUX
  • La Lune de Printemps (site qui ne cherche pas à faire une conciliation des Evangiles mais rapporte les faits tels quels)

* Jésus de Nazareth

Matthieu 2:23 Il alla s’établir dans une ville appelée Nazareth. Il en fut ainsi pour que se réalise cette parole des prophètes : « Il sera appelé Nazaréen. »

Le village de Nazareth n’existait pas du temps de Jésus : Son nom vient d’une secte : Les Nazoréens dont le nom a été transformé en Nazaréens : Jésus le Nazaréen. Les croisés ont vainement cherché Nazareth et, pour finir, la fondent au XIIIe siècle. Les fouilles archéologiques montrent qu’il n’y avait rien avant le 2e siècle à l’endroit supposé de la ville de Nazareth aujourd’hui. Ce qui complique encore le problème c’est qu’aucun document ancien romain, grec ou juif ne mentionne la ville de Nazareth. Nazareth n’apparait nulle part dans la Bible ni dans les écrits de Flavius Josèphe qui cite pourtant un grand nombre de bourgades et de petites villes de Galilée.

Source :

  •  Le monde de la Bible » n°107
  • « Jésus contre Jésus » de Gerard Mordillat et Guillaume Prieur - Edition Seuil

  • Le massacre d’enfants par Hérode

Matthieu 2:16 Quand Hérode se rendit compte que les savants l’avaient trompé, il entra dans une grande colère. Il donna l’ordre de tuer, à Bethléem et dans les environs, tous les garçons de moins de deux ans ; cette limite d’âge correspondait aux indications que les savants lui avaient données.

 Rubens le massacre des innocents 1609 11

Le massacre des Innocents

Par Pierre-Paul Rubens 1609-1611

Pourquoi cet épisode n’est rapporté par aucun historien de l’époque ?
Pourquoi Flavius Josèphe ne relate pas ce massacre d’enfants qui aurait forcément marqué les mémoires collectives alors qu’il relate plusieurs choses detestables faites par ce tétraque ?
Comment Jean le baptiste, cousin de Jésus de 6 mois de plus, a pu survivre alors qu’il vivait aussi dans cette région ?


  • Jésus le Charpentier

 Pourquoi Jésus qui est censé être charpentier (Marc 6 :3) mais en même temps aucune de ces paraboles ne se réfèrent à son métier ? Beaucoup sont en comparaison avec les agriculteurs et les bergers.

En plus comment Joseph, son père adoptif, faisait pour faire du charpentage en Galilée alors que les habitations étaient bâties en torchis ?

Source: 

  • « Jésus contre Jésus » de Gerard Mordillat et Guillaume Prieur - Edition Seuil

  • La mort de Zacharie

L’Église affirme que cet évangile fut écrit entre 40 et 50 de notre ère « Écrit originellement en araméen par Matthieu, l’apôtre appelé par Jésus à sa suite le détournant de son métier de percepteur des impôts ,il fût publié entre 40 et 50 » . (Dalla Sacra Bibia (de la bible Sacrée) - ed. C.E.I.)

Le mensonge de la date attribuée par l’Église à l’évangile de Matthieu nous est confirmée de façon incontestable par ce passage dans lequel Jésus menace les Hébreux d’avoir tué Zacharie, fils de Barachie, qui récite ainsi :

« Et alors, c’est sur vous que retomberont les conséquences de tous les meurtres commis contre des innocents depuis le meurtre d’Abel le juste jusqu’à celui de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel. » (Mt. 23 , 35).

Divers apologistes ont voulu rattacher cette citation de Jésus à un épisode du passé.

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Temple de Jérusalem au Ier siècle

2Ch 24:20-21 (Segond) Zacharie, fils du sacrificateur Jehojada [1] , fut revêtu de l’esprit de Dieu ; il se présenta devant le peuple et lui dit : Ainsi parle Dieu : Pourquoi transgressez-vous les commandements de l’Éternel ? Vous ne prospérerez point ; car vous avez abandonné l’Éternel, et il vous abandonnera. (21) Et ils conspirèrent contre lui, et le lapidèrent par ordre du roi, sur le parvis de la maison de l’Éternel.(ou du Temple)

D’autres encore rattacheront l’épisode à un événement non rapporté de la vie du prophète Zacharie.

Mais d’un Zacharie, fils de Barachie [2], assassiné dans le Temple même, Flavius Josèphe en fait mention très clairement : Flavius Josèphe- Guerre des Juifs - Livre IV-4

Cependant les massacreurs, dégoûtés de ces meurtres multipliés, imaginèrent des parodies de tribunaux et de jugements. Ils avaient décidé de mettre à mort un des citoyens les plus illustres, Zacharie, fils de Baris [2] : ils lui en voulaient surtout de sa haine contre les méchants et de son amour de la liberté ; de plus, il était riche, ce qui leur donnait l’espérance non seulement de mettre ses biens au pillage, mais de se débarrasser d’un homme capable de les perdre eux-mêmes. Ils convoquent donc, par ordre, au Temple, soixante-dix citoyens notables, les décorent, comme au théâtre, d’un appareil judiciaire sans autorité, accusent Zacharie de livrer l’État aux Romains et d’envoyer des messages de trahison à Vespasien. Il n’y avait ni preuve ni témoignage pour soutenir ces accusations, mais ils déclaraient en être bien informés eux-mêmes et prétendaient que cela suffisait à la vérité. Zacharie, comprenant qu’il ne lui restait aucun espoir de salut, qu’on l’avait insidieusement mené à une prison et non devant un tribunal, renonça à la vie, mais non à la parole. Debout dans l’assemblée, il railla l’invraisemblance des accusations et réfuta en peu de mots les griefs dont on le chargeait. Ensuite, tournant son discours contre ses accusateurs, il énuméra successivement toutes leurs injustices et déplora longuement le désordre des affaires publiques. Les zélateurs protestèrent avec bruit, et c’est à grand’peine qu’ils retinrent leurs épées, bien qu’ils ’fussent résolus à conserver jusqu’à la fin les apparences de cette parodie de tribunal, désireux d’ailleurs d’éprouver les juges et de voir s’ils mettraient la justice au-dessus des périls qui les menaçaient. Mais les soixante-dix citoyens donnèrent tous leurs suffrages à l’accusé, aimant mieux mourir avec lui que de porter la responsabilité de sa mort. Alors les zélateurs hurlèrent contre l’acquittement ; tous s’irritaient contre des juges qui n’avaient pas compris le caractère fictif de l’autorité qu’on leur donnait. Deux des plus audacieux attaquent et égorgent Zacharie au milieu du Temple ; quand il tomba, les meurtriers lui dirent, en manière de raillerie : « Voici maintenant notre sentence : c’est une mise en liberté plus sûre que l’autre » : et ils le jetèrent aussitôt du haut du Temple dans le ravin situé plus bas . Quant aux juges, ils les chassèrent de l’enceinte à coups de plat d’épée dans le dos ; ils ne s’abstinrent de les tuer que pour leur faire porter à tous, en se dispersant dans la ville, le témoignage de la, servitude où tous étaient réduits.

Que peut-t-on déduire d’autre, outre le fait de remarquer l’ignorance de ceux qui font réciter à Jésus, mort en 33, un fait qu’il ne pouvait absolument pas connaître, que la date à laquelle fût écrite l’évangile de Matthieu n’est pas celle de 40 - 50 que lui a attribué l’Église mais bien postérieure à l’année 67 ?

Source :

  • Catéchisme de l’honnête homme ou dialogue entre un caloyer et un homme de bien. (1763) par Voltaire

  • L’arrivée triomphante de Jésus à Jérusalem

Les évangiles nous expliquent que Jesus est acclamé Roi par les foules en liesse 3 jours avant la Paque en étant monté sur un anon.

Cette foule agite des rameaux d’olivier et des branches de palmier :

Jean 12:13 Tous prirent alors des branches de palmiers et sortirent de la ville pour aller à sa rencontre ; ils criaient : « Gloire à Dieu ! Que Dieu bénisse celui qui vient au nom du Seigneur ! Que Dieu bénisse le roi d’Israël ! » (Bible en Français Courant)

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L’arrivée de Jésus dans Jérusalem

Le problème est que les évènements relatés rappellent la fête de Souccot (ou fête des Huttes) qui se déroule en septembre/octobre. En effet, la Pâque se situe au Printemps, or c’est justement la saison où on enlève les branches de palmier qui sont mortes. Il faut donc imaginer d’apres les évangélistes, Jésus acclamé par la foule ayant des branches de palmier mortes dans leur main. Pas génial ! Mais les évangélistes sont-ils seulement des reporters dignes de foi ? 

Source :

  • Corpus Christi de Jérome Prieur et Gérard Mordillat. Intervention de Hyam Macoby

  • Le figuier maudit par Jésus

Jésus maudit un figuier car il ne produit pas de fruit. Suivant la chronologie des evangiles, la scène se déroule quelques jours voir quelques semaines avant la Paque. Pauvre figuier ! Normal qu’il ne produise pas de fruit, car les figues sont récoltées en octobre/novembre.

Mat 21:19 Il vit un figuier au bord du chemin et s’en approcha, mais il n’y trouva que des feuilles. Il dit alors au figuier : « Tu ne porteras plus jamais de fruit ! » Aussitôt, le figuier devint tout sec.

(Source : Corpus Christi de Jérome Prieur et Gérard Mordillat. Intervention de Hyam Macoby)


  • la date de la mort de Jésus

Personne ne sait quand Jésus est né, mais la date exacte de sa mort sans être aussi problématique, demeure incertaine et hypothétique. Des dates précises de la crucifixion circulent pourtant ici et là et étonnent par leur extraordinaire netteté : 7 avril 30, 27 avril 31, 3 avril 33…

Trois dates, c’est de toute façon plus qu’il n’en faut. La chronologie rassure. Elle nous confirme que Jésus est bien mort, donc qu’il a bien vécu. Elle extrapole à partir des données du texte du Nouveau Testament une datation qui n’y figure pas. Toutes les dates sont le fruit d’une reconstitution, et cette reconstitution, n’a rien d’incontestable au-delà même du fait qu’elle résulte d’une mise en concordance avec le mode de comptage des calendriers modernes.

Deux personnages historiques interviennent aux cours du procès de Jésus : Pilate, préfet de Judée de 26 à 36 et Caïphe, grand prêtre du Temple de Jérusalem de 18 à 35. La Passion peut donc être fixée entre l’an 26 ou 27 et l’an 35, Hérode Antipas occupant depuis l’an -4 le trône de tétrarque de Galilée qu’il conservera plus de quarante ans, jusqu’en 39. Les quatre évangiles concordent à dire que Jésus a été crucifié au début de la Pâque juive, grande fête de pèlerinage qui dure 7 jours, du 15 au 21 du mois de nisan, soit en mars ou avril selon les années juives. Tous sont d’accord pour affirmer que cet événement eut lieu la veille de sabbat, le jour dit de la Préparation, un vendredi donc. Mais des difficultés, à vrai dire considérables, sur le strict plan de la reconstitution chronologique, surviennent alors. Les évangiles ne sont, en effet, pas d’accord entre eux pour situer la mort de Jésus. Le plus extraordinaire peut-être c’est que cette divergence n’a pas été supprimée lorsque les textes ont été canonisés et qu’elle subsiste telle que dans le Nouveau Testament obligeant souvent les exégètes à « choisir ». Mais pas plus qu’il n’est possible de choisir objectivement, scientifiquement, entre le Jésus de colère et le Jésus d’amour de l’ennemi, comment choisir entre les textes, de quel droit, à quel titre ? Pour Marc, suivi par Matthieu et Luc, cette veille de sabbat coïncidait avec le premier jour de la Pâque. Pour Jean, la veille de sabbat coïncidait, cette année là avec la veille de Pâque, non avec le premier jour de la fête religieuse. Dans ce cas la crucifixion aurait eu lieu un jour plus tôt, et par conséquent une autre année.

Source :


  • Le discours de Gamaliel

Les Actes des Apotres comporte deux anachronismes flagrants au chapitre 5 :35-40 :

Mais un pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et ordonna de faire sortir un instant les apôtres. Puis il leur dit : Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens. Car, il n’y a pas longtemps que parut Theudas, qui se donnait pour quelque chose, et auquel se rallièrent environ quatre cents hommes : il fut tué, et tous ceux qui l’avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien. Après lui, parut Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il attira du monde à son parti : il périt aussi, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés . Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller . Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. Ils se rangèrent à son avis. Et ayant appelé les apôtres, ils les firent battre de verges, ils leur défendirent de parler au nom de Jésus, et ils les relâchèrent .

* Premièrement, l’historien du Ier siècle, Flavius Josèphe nous apprend dans ses Antiquités Judaïques (XX – V) que ce fut l’inverse. Judas le Galiléen parut AVANT Theudas et cela en +6 (sous le recensement de Quirinius) alors que Theudas ne se révolta que 40 ans plus tard. (on notera au passage que Gamaliel ne parle pas des foules immenses nourries par Jésus.)

* Deuxièmement, ce discours est prononcé en 30 ou 33 avant la conversion de Paul (Actes 9). Comment Gamaliel peut-il parler de Theudas qui ne fera sa révolte sous Festus que 10 ans plus tard ?

Source :

 


  • La campagne d’inquisition de Paul

Suivant les Actes des Apotres au chapitre 8, Paul s’appelait Saul avant sa conversion et avait approuvé la lapidation d’Etienne. Puis avait persécuté les premiers membres de la Voie.

Actes 8:3 Saul, lui, s’efforçait de détruire l’Église ; il allait de maison en maison, en arrachait les croyants, hommes et femmes, et les jetait en prison.

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Carte de la Palestine du 1er siècle

En haut à droit de la carte la ville de Damas en Syrie. Plus de détails sur www.biblequest.org

Ainsi Saul ravage l’Eglise si bien qu’au chapitre suivant, on y lit

« Pendant ce temps, Saul ne cessait de menacer de mort les disciples du Seigneur. Il alla trouver le grand-prêtre et lui demanda des lettres d’introduction pour les synagogues de Damas, afin que, s’il y trouvait des personnes, hommes ou femmes, qui suivaient le chemin du Seigneur, il puisse les arrêter et les amener à Jérusalem »(Actes 9:1-2).

« Quand on les mettait à mort, j’apportais mon suffrage »(Actes 26:10) confirmera Paul plusieurs chapitres plus tard. La description est saisissante, Saul/Paul veut se saisir des partisans de Jésus « morts ou vifs » : non seulement il y a « menaces », arrestations, incarcérations, mais aussi « carnage », c’est-à-dire massacre sanglant, hécatombe.

L’initiative attribuée à Saul/Paul est au-delà de l’improbable. Voici les questions qui se posent :

  • A quel titre, vers la fin des années 30 de notre ère, un juif aurait-il pu légitimement et légalement, du point de vue de la Torah, poursuivre des coreligionnaires hors de Palestine, sous prétexte qu’ils exprimaient leur foi dans d’autres termes ?
  • Comment le grand prêtre de Jérusalem, dont l’autorité ne s’exerçait qu’en Judée au prix d’un subtil compromis politique avec les Romains, aurait-il pu placer sous sa juridiction l’activité des synagogues implantées en Syrie ?
  • Comment aurait-il pu imposer une action de police dans une province de l’empire sous la domination d’un roi Vassal, Arétas ?
  • Comment un grand prêtre aurait-il pu mandater officiellement un émissaire qui ne proviendrait pas du milieu sacerdotal ? un émissaire qui ne serait même pas sadducéen comme la plupart d’entre eux, mais ouvertement du parti adverse, le parti pharisien, auquel Paul dit appartenir(Actes 23)

Vers les années 80-90, toutes ces questions n’embarrassent pas l’auteur des Actes. S’il ne s’en moque pas , il ne s’en soucie guère. A cet instant du récit, il s’adresse à des destinataires qui ignorent de telles subtilités et qui n’ont pas besoin d’y entrer. Pour preuve, quand ces distinctions seront necessaires, il témoignera subitement d’un souci pédagogique qui vient comme un aveu « Paul savait qu’il y avait là d’un côté le parti des sadducéens, de l’autre celui des pharisiens »(Actes 23:6)

Si le livre des Actes relate l’histoire des premiers temps, cela ne l’empêche pas de construire une légende sous nos yeux.

Source :

 


  • L’eglise de Thyatire et l’Apocalypse

Le livre de l’Apocalypse est réputé avoir été écrit par l’apotre Jean sur l’ile de Patmos avant la mort de l’empereur Domition, soit vers 90 de notre ère.

Toutefois, le chapitre 2, versets 18-29 parle de l’église de Thyatire comme existante à l’époque de Jean. C’est un anachronisme que les premiers chrétiens ortodoxes et hétérodoxes dénonçaient comme étant une preuve de l’inauthenticité de ce livre. [3]

Comme le dit Firmin Abauzit dans son Discours véritable sur l’Apocalypse  :

« Cerdon et Marcion, au rapport de Tertullien [4], et même les Alogiens, selon Saint Épiphane, s’élevèrent contre l’Apocalypse qu’ils voulaient ôter à Saint Jean, parce que, disaient-ils entre autres raisons, du temps de cet Apôtre, il n’y avait point encore d’Église chrétienne à Thyatire, ce que Saint Épiphane ne craint point de leur accorder, et il suppose que lorsque Saint Jean écrit à l’Église de Thyatire, il en parle, non comme si elle existait alors, mais par un esprit de prophétie. »

Si le père de l’Eglise, Epiphane de Salamine est obligé de trouver une explication théologique à cet anachronisme, c’est la meilleure preuve qu’il avait dû vérifier et constater que l’eglise de Thyatire n’existait pas en 90 ap JC. Les théologiens catholiques s’en sont sortis en disant que « comme les autres églises existaient DONC l’eglise de Thyatire existait et Epiphane a tort » [5] ou « il existait une communauté de Juifs à l’époque » (Grotius).

Source :

 

CONCLUSION

 

A partir du moment où vous prenez les récits bibliques pour des reportages historiques, les anachronismes deviennent le talon d'Achille des fondamentalistes. Aujourd'hui,la recherche biblique moderne a rejeté cette vision archaïque grâce à ce travail de patience réalisé par les historiens au cours des siècles précédents. Nous ne possédons pas les originaux des 27 évangiles composant le Nouveau Testament, seulement des copies de copies de copies de copies de copies,etc. Quand les premiers chrétiens voulurent coucher par écrit les paroles qu'ils détenaient pour authentique, il s'était déroulé tellement de décennies et d'évènements en Palestine, qu'il était impossible d'en établir une information qui ne soit édulcorée par la théologie dominante de l'écrivain. Les Evangiles nous déroulent une pièce de théatre aussi authentique que William Shakespeare nous rapporte les propos de Richard III, deux siècles plus tard. 

Les Evangiles sont semblable à un costume d'Arlequin dont les éléments historiques (Pilate, Hérode, Quirinus, Gamaliel...) sont mélangés avec des évènements qui ne le sont absolument pas. Seuls les talibans de la Bible peuvent croire encore à une chronique de l'époque. 

 

Notes

[1] Rien dans la Bible ne permet de penser que Jehojada se soit également appelé Barachie.

[2] Borouch en hébreu, variation de Baruch ou de Barachie.

[3] Le livre de l’Apocalypse fut le livre qui mit le plus de temps à rentrer dans le canon chrétien. Même Eusèbe de Césarée ne parvient pas à determiner son authenticité vers +325 et jette plusieurs fois le doute à son sujet.

[4] Tertul. Contre Marcion. Lib. IV ; Epiphan. hœres.

[5] Abbaye de Saint Benoit

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Date de dernière mise à jour : 01/04/2014